Grey PRIDE

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Les âges du vieillissement et les priorités de vie

Les âges du vieillissement et les priorités de vie

 

Afin de mieux cerner les besoins et les difficultés liés au vieillissement de la population LGBT, il est nécessaire de décrire les étapes par lesquelles chacun de nous peut passer.

Il est certain que chaque cas est unique et que ces étapes ne sont là que pour situer des besoins et des priorités ; la vieillesse est très inégalitaire et aura des conséquences très différentes selon l'état de santé et l'environnement matériel et affectif.

Parler de sa vieillesse et anticiper son mode de vie est pour certain(e)s trop anxiogène ; le déni est alors la pratique qui permet d'échapper à cette situation, mais il est utile de préciser que dans ce cas, les choix seront fait par des tiers plus ou moins proches : parent, médecin, assistante sociale, tuteur...

 

Un grand facteur de différenciation des situations est le fait de vivre en couple ou-bien d'être célibataire. Toutes les études montrent que la vie a deux permet d'avoir un vieillissement moins hâtif et permet de mieux réagir dans les moments difficiles.

 

D'autre part les étapes citées ci-dessous ne sont pas associées à des âges précis, car là aussi, le vieillissement ne se fait pas au même rythme pour tous. Certains d'entre nous conserveront une parfaite forme physique et un esprit vif très longtemps, d'autres sont moins gâtés par leur capital génétique ou par un mode de vie qui les aura usé prématurément.

 

Un point important pour la population gay, est l'impact du SIDA sur le vieillissement. Des études montreraient une accélération de ce processus.

 

Enfin, les études américaines montrent que la population LGBT vit dans des conditions de plus grande précarité et de plus grand isolement que la population globale et a une plus faible tendance à consulter des médecins par crainte de dévoiler son orientation sexuelle.

 

La spiritualité est une composante intime de la vie de chacun ; il est indéniable que pour certain(e)s ce sera un grand secours pour affronter sa fin de vie.

 

 

 

Etape 1 : L'âge de la retraite

 

Pour certains une libération, pour d'autres une zone de turbulence et d'angoisse. Il y a aussi tous ceux qui n'avaient pas d'activités, et pour qui, ce moment correspond à faire le deuil d'une activité rémunérée. Notre société tend à repousser ce moment de plus en plus tard et dans certains pays, conserver une activité rémunérée est une obligation pour pouvoir survivre.

 

L'analyse de ses revenus est un point très important et décidera des choix futurs. A quel âge prendre sa retraite, faire valoir un droit à une pension de réversion, voir les aides et anticiper les dossiers de demande d'allocations...

 

Les priorités de vie à ce moment là sont :

- conserver un rôle social, s'impliquer dans la vie publique, associative

-  et/ou réaliser un rêve de départ, d'une nouvelle vie ailleurs

- et/ou s'occuper de soi et prendre le temps de faire ce qui a été repoussé : écrire un livre, reprendre des études ou une activité...

 

Ces choix sont guidés par le caractère de la personne mais aussi par ses revenus et sa santé.

 

Les choix de changement d'habitat seront pour certains irréversibles. Je pense à un couple de parisien qui part à la retraite en province ou à l'étranger. Le retour sur Paris, s'il n'a pas été prévu dès le départ sera pour la plupart impossible pour des raisons de coûts, ou se fera dans des conditions très difficiles.

 

Les personnes étant généralement autonomes, la proximité des différentes ressources ne pose pas en général de problème. Les déplacements peuvent être effectués sans difficulté.

 

Points forts :

- Réaliser ses rêves

- S'impliquer dans un rôle associatif ou social

- Calculer ses revenus : pensions, aides, allocations...

- Organiser son budget en fonction de ses revenus

- Avoir une activité physique, culturelle, amicale

 


 

Etape 2 : L'âge du premier cercle

 

Ce moment de sa vie correspond à un besoin plus important de conserver une vie amicale et/ou affective ou simplement des liens de voisinage.

La lutte contre l'isolement est un des facteurs essentiels de la qualité de vie.

Les repères en terme de rôle social sont moins importants, la proximité des ressources devient aussi plus importante : pour faire ses courses, ses besoins en terme de santé, les sorties et l'accès à la culture...

 

Le mode  et le lieu de logement prennent une grande importance : c'est ce mode qui décide de la proximité du cercle d'amis proche ... C'est le lieu qui doit permettre de minimiser les transports pour pouvoir avoir une vie active dans la cité et s'occuper de soi.

 

IL faut noter ici que beaucoup d'entre nous pensent que l'idéal est de rester chez soi le plus longtemps possible. Le risque de vivre seul chez soi, est de peu à peu s'isoler et se désocialiser. Nombre de personnes seules chez elles, ne voient plus que l'aide à domicile qui vient une ou deux fois par semaine. L'absence de stimulation externe peut aussi conduire à des problèmes de dénutrition, de perte musculaire, perte de mémoire...

 

Partir en vacances dans un lieu d'accueil communautaire, serait pour certains une des seules grandes sorties annuelles permettant un contact avec d'autres personnes.

 

L'habitat partagé, est une façon de pouvoir combiner, appartement individuel et lieux ouverts à tous pour maintenir une socialisation. Les espaces communs peuvent être l'occasion de confectionner et de prendre des repas, de jardiner, et d'avoir des activités avec des personnes avec qui l'on a des affinités.

 

Dans cette étape peuvent apparaître aussi les premières dépendances et la nécessité de faire appel à des organismes extérieurs qui viendront pallier les difficultés pour faire le ménage, les courses, sa toilette, les premiers soins...

 

 

Points forts :

- conserver des liens amicaux

- proximité des ressources : alimentation, culture, soins

- premiers besoins d'assistance (aide ménagère...)

- favoriser l'habitat partagé


 

Etape 3 : L'âge du  retour sur soi

 

L'environnement perd de son importance et le bien-être doit être privilégié. Moins d'attrait pour les sorties, le monde est plus petit.

Pour certains la grande dépendance s'installe et la nécessité de soins continus apparaît. Le confort de vie doit être recherché, par un environnement qui se préoccupe de la personne et témoigne de gestes affectueux : se sentir en sécurité devient essentiel.

Le personnel aidant et soignant prend une place prépondérante dans son environnement. Certains ne pourront pas éviter d'aller en EHPAD, structure pour la prise en charge dans le cas de grande dépendance. D'autres pourront rester dans un habitat partagé, une maison de retraite ou à leur domicile moyennant certains aménagements.

La présence d'un ami, parent ou médiateur pour être un interlocuteur dans les décisions à prendre devient essentiel.

Des allers retours en structure hospitalière sont à prévoir pour ceux qui auront des pathologies lourdes.

Une personne de confiance doit être choisie pour être l'interlocuteur avec le personnel médical. Une curatelle peut être désignée et pour les personnes les moins autonomes un tuteur sera nommé.

 

La fin de vie, doit pouvoir être pensée pour respecter les volontés de chacun, ainsi que tout ce qui concerne la succession de ses biens.

 

 

 

 

Points forts :

- Perte d'autonomie

- Besoin de privilégier le bien-être, cocooning...

- Cas de grande dépendance

- Médiateur (interlocuteur de confiance)

- Personne de confiance, curateur, tuteur

- Choix de fin de vie

 

 

 

 

 



31/10/2015
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