Grey PRIDE

Grey PRIDE

Hey les vieux, les vieilles, réveillez-vous !

pics edito1.jpg

 

Vieillir, c'est ce que nous faisons le plus facilement, sans effort... Chaque jour le compteur de notre temps passé augmente inexorablement. Mais pour la plupart d'entre nous, vieillir est une obscénité dont il ne faut même pas évoquer le mot. Pourtant ce n'est pas si grave que ça, ce n'est que l'histoire de notre vie...

Salut, les vieux, les vieilles, les anciens, les vioques, les brinquebalants, les toujours en forme, les vétérans, les croulants, les seniors, les encore jeunes, les gâteuses, les barbons, les argentés, les ganaches, les ancêtres, les grisonnants futurs ou actuels…

Ecrire des chroniques sur la vieillesse, me donne l’occasion d'apporter une image décalée et différente de cette période de notre vie ; d’une vieillesse vécue et non pas fantasmée. Une image de la diversité, du désir, de la légèreté, de la sexualité, de la vie quoi !

 

«LA VIEILLESSE EST UN NAUFRAGE».

Cette phrase de Chateaubriand, dans les Mémoires d’outre-tombe, reprise par le général de Gaulle est une catastrophe sémantique. Qui ne l’a pas entendue ? Elle sonne comme un avertissement péremptoire qui ne permet aucune échappatoire.

«Etre vieux», un état, que nous ne cernons pas très bien (le vieux, c’est toujours les autres) et surtout qui ne nous permet pas d’aborder un peu plus sereinement cette période de notre vie. Vieillir, nous le faisons depuis que nous sommes nés. Au début c’est plutôt sympa : «C’est une grande fille maintenant !»

On passe par l’âge de raison, puis l’âge «bête» (c’est ce qu’on disait à mon époque), puis à l’âge adulte… Pour l’instant tout va bien. Ça se gâte quand on commence à parler de maturité… nous arrivons sur la piste glissante.

Dès cet instant, vieillir devient inacceptable pour beaucoup d’entre nous. Chacun ira de sa stratégie pour rester encore jeune : produits de beauté, chirurgie esthétique, salles de sport, continuer son activité sans imaginer pouvoir s’arrêter un jour, se remarier avec un ou une jeunesse, s’entourer de jeunes, trafiquer sa carte d’identité…

Combien de fois j’ai assisté à des conférences sur les seniors, où les intervenants de plus de 70 ans parlaient de ce sujet, comme si eux-mêmes n’étaient pas concernés.

 

Les grands-parents débordent d’imagination pour ne plus être appelés mamie ou papi (je ne parle même pas de mémé ou pépé qui ont disparus depuis longtemps). On va trouver de nouveaux qualificatifs : mamounette, papou, mouna, mamouchka, daddy, mimou, papily, mamilou, poupy…

Tout nous porte à gommer notre âge et pourtant, nous continuons inexorablement de vieillir…

L’idéal étant bien sûr de faire semblant de rester jeune jusqu’au bout, puis pschitt ! Disparaître !

Je dis «disparaître» car la mort est depuis longtemps réduite à une petite cérémonie que l’on place dans notre emploi du temps surchargé. Plus de signes de deuil, de corbillards déambulant dans les rues, de catafalques exubérants, de repas d’enterrement…

Une petite crémation, rapide et bien faite sur le gaz, suffira.

Est-ce la seule façon d’envisager notre vie ? Etre jeune éternellement et s’évaporer ?

 

Utiliser le mot vieux est devenu obscène. Nous sommes tous happés, par la nouveauté, le neuf… Le nouveau prend de la valeur, pour l’obtenir nous sommes prêts à dépenser plus : mon nouveau portable, mes nouvelles chaussures, mon nouvel appartement… Le vieux est bon à jeter…

Ainsi le jeune est paré de tous les atours (il sent bon, il est beau, il est craquant, il est éveillé), et le vieux et la vieille ont tous les attributs du déchet (il sent mauvais, il est laid, il est dégoûtant, il est endormi). Seule issue, rester jeune tout le temps !

Mais attention, faut rester crédible. Non seulement il faut s’habiller comme les jeunes, mais aussi avoir des activités de jeunes. Hélas ! Parfois c’est difficile. Acheter «Comment faire le grand écart facial à 80 ans» par Jane Fonda ne vous garanti pas que vous allez y arriver.

Oui, car une certitude : la vieillesse est inégalitaire.

 

Mais bon, elle est aussi diverse : touchante, brutale, heureuse, triste, invisible, drôle, résignée, pleine d’espoir…

A travers ces chroniques et ces éditoriaux, je souhaite vous faire partager, mes expériences, des tranches de vie de personnes âgées et vous faire part de mes réflexions. N’hésitez pas à me contacter pour me raconter vos histoires et ainsi illuminer un monde que l’on réduit généralement à l’obscurité et au silence.

Show must go on ! Plein feu et dé-chainons-nous !

La meilleure façon d’être un vieux-jeune n’est-elle pas de penser que l’on peut toujours changer le monde ?

 

Francis Carrier

Président de GreyPRIDE



23/02/2018
18 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 429 autres membres