Grey PRIDE

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Grindr : la délation numérique

Chaque jour de nouvelles fuites ! Nous apprenons que nos chers réseaux sociaux ont la malheureuse tendance à donner ou plutôt à vendre nos données privées pour se faire un peu ou beaucoup d'argent sans trop se soucier de l'utilisation qui en sera faite.

 

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Pour ceux qui ne le connaissent pas, GRINDR est le premier outil mondial de rencontre entre hommes. Il revendique pas moins de 3,4 millions de connectés par jour.

Dans les rubriques du profil que chaque utilisateur renseigne, on peut déclarer son statut VIH.

Pour les séropositifs, lors d’une rencontre amoureuse ou pour un plan baise, déclarer sa séropositivité est un moment difficile. A quel moment le dire ?

Cette déclaration se fait toujours dans la crainte d’être confronté à un rejet (plus ou moins violent) ou à la peur du partenaire potentiel, même si l’on sait aujourd’hui qu’une personne ayant une charge virale indétectable ne peut pas transmettre le virus.

Cela peut aussi être un moment difficile si la personne rencontrée n’a jamais fait aucun test et ne connaît pas son statut sérologique. Quelque soit le cas, annoncer son statut sérologique n’est jamais quelque chose de simple et très souvent les clients de GRINDR préfèrent indiquer ce statut dans leur fiche de présentation plutôt que d’avoir à aborder ce sujet plus tard. 

Ainsi lorsque M Chen, dirigeant de Grindr, nous dit : « les usagers peuvent choisir ou non d’indiquer sur leur profil leur statut VIH et c’est donc à eux d’être vigilants» on peut mesurer l’ignominie de ce propos.

M. Chen n’est pas dans l’ignorance que cette rubrique est souvent renseignée pour les raisons que je viens de citer. 

GRINDR ne se considère donc pas responsable ; irresponsable certainement. Le SIDA n’est pas une maladie comme les autres et trahir la confiance des utilisateurs en ne respectant pas la confidentialité de leurs données personnelles est impardonnable.

Personnellement je reçois sur Facebook des publicités sur l’incontinence et les applis de rencontre gay. Au moins on ne peut pas taxer les algorithmes d’être excluant sur la sexualité des seniors... mais que fera-t-on lorsque, demain, les employeurs, les assureurs, les banques, les mutuelles auront accès à nos données personnelles ?

Lorsque nos primes d’assurance, nos emplois, nos rencontres seront modulés selon notre orientation sexuelle, notre identité de genre, notre statut sérologique ou nos risques génétiques de développer une maladie ? 

Le risque devient quelque chose d’inacceptable.

M Chen et ses congénères trouveront toujours une façon de faire du fric quitte à saper les fondamentaux de nos sociétés. La délation ne sera plus un problème, mais simplement une façon comme une autre de faire du business. Merci les réseaux sociaux.

La responsabilité, la morale, la solidarité ne sont pas les qualificatifs qui décrivent le mieux nos nouveaux maîtres du monde !



04/04/2018
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