Grey PRIDE

Grey PRIDE

Come back to the closet !

Vous allez, hardi petit, vers vos soixante ans, ou bien vous avez déjà entamé largement cette période qui peut représenter le tiers de votre vie et que l'on appelle 3ème ou 4ème âge ?

Alors bienvenue dans notre nouvelle superproduction : Retour vers le placard !

Mais non, vous me direz, je suis en forme, encore jeune, je m'habille tendance, je twitte à mort... je suis loin de ces vieillards cacochymes que l'on aperçoit dans certains établissements spécialisés : aucun risque !

Mes amis sont jeuuuuuunes ! Je suis jeuuuuuuune ! Tout va bien !

Et au pire, telle Marlène Dietrich ou La Callas, à la première ride disgracieuse je me retirerai avenue Bosquet, je fermerai tous les rideaux en attendant de me dessécher tel le pruneau moyen sur ma méridienne de velours...

Ou-bien, si vous êtes écolo-tendance-aventurier, dés ma première claudication je me précipite vers Terre d'Aventure, je cherche un voyage sans retour vers le désert de Namibie pour trouver une grotte, ou je me retirerai du monde jusqu'à mon dernier souffle avec pour seule accompagnement le cadre de maman...

Ou-bien, prévoyant, et légèrement angoissé, je pense que l'adoption va me permettre de sortir de tout mauvais pas, et me doter d'une large progéniture qui sera l'assurance tous risques de ma décrépitude programmée...

Ou-bien, mes moyens me permettant de m'entourer d'un aéropage de jeunes éphèbes de pays en voie de développement, j'organiserai une soirée spéciale ou le champagne à volonté permettra de m'éteindre dans les étreintes musclées et inassouvies de mes compagnons...

Ou-bien, telle la chandelle moyenne, à une date pré-programmée, je m'auto-immolerai par le feu dès que la date de péremption sera atteinte...

Nous ne voulons pas voir la réalité ? Nous préférons nous inventer des fins très romantiques ou totalement irréalistes ? Nous préférons nous enfouir la tête, bien profondément dans le sable, bien que cette position, ne soit pas sans risques ?

Pourtant, ne rien prévoir, c'est donner le choix aux autres : au mieux à des gens qui vous connaissent et qui vous aiment, au pire à des inconnus qui n'ont aucune empathie pour vous et pour qui, organiser vos dernières années de vie, se limite à vérifier une ligne de crédit sur leurs livres de suivi de tutelle.

Ne rien prévoir, c'est se condamner à redevenir transparent pour éviter de devenir une cible pour ses voisins de chambre ou le personnel de l'établissement. 

Alors me direz-vous, nous les LGBT, quelle différence avec la fin de vie de l'hétéro moyen ? 
Nous ne somme ni plus prévoyants, ni plus conscients de la nécessité d'organiser ce moment de la vie. C'est vrai, pourtant nous avons une histoire récente qui devrait nous inciter à réfléchir et à agir : nous avons réclamé le droit de vivre avec une sexualité différente, nous avons prouvé que nous pouvions être solidaire et inventer de nouveaux dispositifs pendant les années SIDA, alors pourquoi n'inventerions nous pas une façon plus humaine d'organiser notre retraite et notre fin de vie ? 

Agissons !



13/09/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 342 autres membres