Grey PRIDE

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Tribune libre


Appel au don

Nous sommes tous concernés par ce qui anime Grey PRIDE.

Nous savons tous que la visibilité passe par la propagation des informations, des idées voire celle des idéaux.

Grey PRIDE communique sur les réseaux sociaux mais détaille son action sur le site.

Or la fréquentation du site est pathétique peu d'entre-nous se soucient de son existence.

Certes le site sommeillait, pourtant parmi les centaines de clics que nous faisons chaque jour ailleurs, faisons vivre le site de Grey PRIDE d'un seul.

Cela a une incidence sur le résultat de recherches sur les mots-clés qui identifient Grey PRIDE tel que gay, seniors, habitat et autres dans les moteurs de recherche.

Plus nombreux nous serons à le consulter meilleure sera notre visibilité sur internet.

 

 

 


10/08/2018
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BOITE à IDÉES et RÉDACTION d'ARTICLES

Vous connaissez le principe de la boîte à idées, s'il vous vient des propositions à soumettre faites-le ici en commentaire.

 

Si vous souhaitez rédiger un article ou transmettre des informations pertinentes dans le cadre des actions de GreyPRIDE, vous pouvez le communiquer par mail à hbb@habibin.net

 

Je ne me sens pas d'être censeur mais toute contribution publique sera soumise à modération car cela engage la crédibilité voire la responsabilité de GreyPRIDE. Modérer suppose ne pas tolérer les insultes, les discriminations, les fake news - les fausses informations.

 

C'est à vous ...


03/08/2018
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Réflexions sur le projet de colocation GreyPRIDE

​J'aurai tout quitté quand le projet de vie partagée me projettera dans un avenir fait de mystère. 
J'aurai quitté Odile aux côtés de qui je vis, elle qui est contemporaine de mon autre vie, celle d'avant où l'art, la qualité et l'intelligence étaient un préalable à l'échange, celui qui enrichit, enthousiasme, instruisait.
La découverte est un enrichissement permanent et l'apprentissage un travail incessant. C'était l'univers stimulant dans lequel je vécus vingt six années durant. 
Tout cela a pris fin au décès de Patrick, le seul homme que j'ai aimé d'amour, en deux-mille douze. 
On essore son passé pour mieux s'en débarrasser, ça empêche d'avancer.
Odile donc, que je ne saurais quitter tout-à-fait puisque Angers est à un ongle de Paris.
Angers enfin que je quitte, cette ville de province, sympa, historique, patrimoine, m'as-tu-vu, mais ne mets pas les pieds à Monplaisir, le 93 parisien,
Heureusement, la "Communauté" a ce talent éternel d'animer les patelins.
 
Dans quelques mois l'expérience débutera. Cinq personnes vont partager le même espace dans un appartement de type haussmannien de 170 m2 à Paris.
Ce projet s'inscrit dans la durée, nous vivrons longtemps, le plus longtemps possible ensemble. La tranche d'âge va de 47 à 72 ans.
Nous avons élaboré une charte, document qui envisage le plus de cas possibles en matière d'organisation, de vie commune, de partage de l'espace et de gestion des différends.
Il n'est pas exhaustif mais il servira de référence quoique nous espérions tous avoir la sagesse de ne pas en avoir besoin.
Je vous en ferai la chronique histoire que chacun d'entre nous tous qui nous lisons ait connaissance de ce projet unique élaboré par GreyPride en collaboration avec Basiliade que nous avons sollicitée pour être le bailleur et, en dernière extrémité, le médiateur.
 
C'est une grande première et chacun d'entre-nous, les participants de cette expérience de survie en milieu urbain, avec une génération d'écart entre colocataires, tous pensent comme moi :
 "Wish me luck". Souhaite moi bonne chance.
 
Habib

01/08/2018
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La mariage homo ? Des chiens avec des chiens…

Le même jour que la Marche des Fiertés de Paris, dans l’émission On N’est Pas Couché, nous avons eu droit à notre dose d’insulte du mâle hétéro dominant décomplexé : Jean-Claude Van Damme. Ça suffit !

 

illus van damme.jpg

 

Marlène Schiappa était l’invitée politique de l’émission et la discussion tournait autour du rôle des femmes dans la société. Dans la discussion, pour élargir le débat, Marlène a posé comme question : «  Et dans les couples homosexuels, homme/homme ou femme/femme, quelle est la distribution des rôles, qui doit s’occuper des enfants ? »

 

Jean-claude Van Damme, abasourdi par cette remarque, qui visiblement n’était pas dans l’horizon des possibilités qu’il pouvait envisager s’est esclaffé : « Oui pourquoi pas ! Des hommes qui se marient avec des hommes, des femmes avec des femmes, des chiens avec des chiens » 

 

Seule Marlène a réagit à ce propos insultant, qui compare l’homosexualité à la zoophilie. Ni Ruquier, ni les chroniqueurs, ni les invités n’ont relevé cette insulte. Ainsi le gros couillu de Vandamme, l’idole des testosteronnés adeptes du grand écart facial, des prises de kung-fu avec salto arrière, qui latte d’une main tout en dévissant le cou du méchant niaqoué, ce Monsieur s’en est sorti à bon compte, dans ses certitudes de mâle dominant qui préfère que les rôles soient clairs : bobonne à la maison et papa va gagner de l’argent en faisant un boulot de mâle. Il a même surenchérit en prononçant la phrase qui tue : « Mais j’ai des amis homos ! »

 

Le débat politique n’était pas fini…

 

Yann Moix, pour montrer que l’inclusion des personnes LGBT était son souci, a posé à l’assemblée la question : « Mais pouvoir rire des personnes différentes n’est-il pas un moyen de participer à leur inclusion sociale en banalisant leur cas ? »

 

Je ne suis pas pour le « politiquement correct », je pense que l’humour doit pouvoir se saisir de toutes les situations et de la diversité du vécu de tous les individus quel que soit sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, son identité de genre, sa culture, mais avec une seule limite : l’humour ne doit pas être un outil d’humiliation et de violence.

 

Rire de la différence, c’est un des moteurs de l’humour : il est d’autant plus facile de rire de sujets qui ne nous concernent pas directement, mais humilier des gens qui sont à terre, ce n’est pas tolérable. Au lieu d’aider à banaliser des situations, on accentue le regard discriminant sur des personnes fragiles, rejetées et humiliées quotidiennement.

 

Voilà ce que j’aurais aimé entendre comme réponse à la question de Yann Moix !

 

Vous, les puissants des médias, votre rôle est d’ouvrir les esprits et de porter des débats d’idées qui permettent à tout à chacun de pouvoir changer de regard et de s’interroger sur le sens du « vivre ensemble ».

Hier soir, je vous ai détestés !

 

Francis Carrier

 


01/07/2018
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Discours d'ouverture du colloque GreyPRIDE

Discours d'ouverture du colloque GreyPRIDE 2018

19/06/2018

 

 

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Mesdames, messieurs, chers amis,

 

 

Vieillir dans notre société devient quelque chose d'in-dicible, d'in-montrable réduit la plupart du temps a des aspects techniques et financiers.

Combien d'EHPAD ? Quel cout pour l'autonomie ? Combien de salariés ? 

Mais rien sur le regard que porte notre société sur la vieillesse et sur la place des vieux et des vieilles dans le tissu social.

 

Nous sommes enfermés dans la promesse de rester jeune éternellement, et quand on ne l'est plus et bien on est, encore jeune, ou toujours jeune... mais jamais on ne nous parle de notre vie, de nos désirs, de nos craintes... en tant que personne vieillissante.

 

Nous avons largement évacué toutes les représentations et signes associés à la mort, à part pour sacraliser la disparition de vedettes, moment de catharsis qui permet d'évacuer l'angoisse, le traumatisme de notre propre finitude.

 

Et maintenant c'est la vieillesse que l'on fait disparaître progressivement du champs sociétal et médiatique : regroupement des gens en fin de vie dans des lieux fermés, à l'écart, dans lesquels on ne rentre pas... de temps en temps un scandale de maltraitance, des grèves et quelques reportages... un mouvement d'empathie populaire, mais on tourne vite la page... c'est trop angoissant, c'est comme ça, il n'y a rien à faire... la fatalité quoi !

Le sujet est sans doute trop violent pour que l'on s'en saisisse sereinement et que l'on se pose la question de savoir : comment notre société souhaite s'occuper de ses vieux et de la fin de vie ?

 

La façon que nous avons de percevoir les vieux est pourtant significative :

- être vieux ce n'est pas une identité ! 

pourtant c'est ce que nous faisons en considérant que la vieillesse vient supplanter toutes les autres caractéristiques d'un individu : plus de rôle social, familial, d'histoire, d'orientation sexuelle... simplement, un vieux, une vieille

 

- être vieux ce n'est pas un délit ! 

pourtant les résidences dans lesquels nous regroupons nos vieux se rapprochent plus d'un modèle carcéral que d'un chez soi douillet et confortable : lieux impersonnels, clos, souvent à l'écart, contraints par les normes d'hygiène et de  collectivité, dans lesquels on perd toute responsabilité, toute liberté... 

sans parler du délit de sale gueule que nous renvoie toutes les images photoshopées de corps jeunes et irréels utilisées dans tous les médias

Même Jane Fonda, superbe du haut de ses 80 ans, qui nous explique que les rides en gros plan, ce n'est pas esthétique sur grand écran...

 

- être vieux ce n'est pas une maladie ! 

pourtant on préfère désigner les vieux par leurs pathologies à l'origine de la perte d'autonomie : un alzheimer, un cancer, un sida... Une façon de déshumaniser le vieux en fin de vie pour dire qu'il ne fait plus partie de notre groupe et que nous ne nous reconnaissons plus en lui ou en elle.

 

Pourquoi ne pas simplement admettre que dans notre vie, il y a 2 moments de fragilité un de construction, un de déconstruction qui nécessite la protection et la bienveillance des autres : le début de notre vie et la fin de notre vie. 

 

Si à VIEUX, on vient coller le mot SEXE, alors on glisse vers l'obscène, la perversion...

Pourtant vieillir c'est ce que nous faisons depuis que nous sommes nés ; 

et la sexualité ou plutôt le plaisir que nous procure nos organes génitaux est quelques chose que l'on découvre dans les premières mois de notre vie, alors pourquoi cela devrait-il s'arrêter un jour ?

 

Le vieux est réputé ne pas avoir de sexualité. 

On s'arrête quand ? Après la ménopause ? L'andropause ?

Non, on ne s'arrête jamais ! Et même si l'on n'a plus de partenaires sexuels, nous avons encore la masturbation et tous les souvenirs de nos rencontres amoureuses, de nos baises sauvages et toutes les représentations érotiques de nos désirs qui continuent d'alimenter nos pulsions sexuelles.

Le cerveau n'est-il pas le premier organe sexuel ?

 

Nous, les seniors LGBT,  nous faisons l'apprentissage très vite de l'auto-exclusion. Le regard communautaire sur les vieux et les vieilles n'est pas tendre. Les associations parentales LGBT ne se préoccupent quasi exclusivement que de la filliation. Pourtant les parents d'aujourd'hui seront bien les grands-parents de demain...

Ainsi l'invisibilité devient l'arme de défense la plus couramment utilisée par nos ainé-e-s. 

Mais devenir invisible a des conséquences : un plus grand isolement, une dépréciation de soi-même, une perte d'intérêt de la vie, une négligence de sa santé qui pour certains ou certaines ira jusqu'au suicide.

Moi, je n'ai pas envie de participer au casting du prochain documentaire de Sébastien Lifshitz : les invisibles 2 ! ( très beau documentaire par ailleurs)

 

J'ai envie de vieillir en continuant d'avoir un rôle social, une sexualité, d'être dans un environnement bienveillant avec des gens qui m'aiment et que j'aime, d'être solidaires des plus fragiles et si un jour je suis dépendant, d'être entouré de gens qui connaissent ma vie et ne me jugent pas.

 

Vous allez me dire, il est bien gentil, mais tout le monde veut ça ! alors comment on fait ?

 

On change de regard, on ouvre les yeux, on milite, on dénonce ce que l'on trouve d'inacceptable, on propose de nouvelles solutions...

La pire des choses serait justement de penser que l'on ne peut rien faire.

Cette journée est là pour vous dire, pour nous dire à tous que nous pouvons changer notre avenir. 

Que nous devons parler de tous les sujets, n'avoir aucun tabou : l'habitat, la santé, la sexualité, la fin de vie... 

 

Et si la communauté LGBT a démontré quelque chose pendant les années SIDA, c'est qu'elle pouvait être solidaire et changer le monde !

 

Alors je reprendrai à mon compte cette phase de Victor-Hugo,  écrite peu de temps avant sa mort :

AIMER c'est AGIR ! Merci...

 

Francis Carrier

Président de GreyPRIDE


19/06/2018
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