Grey PRIDE

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Témoignages


L’art de se faire des amis

L’art de se faire des amis
Emigré au Maroc depuis 21 ans, j’ai dû me construire un nouveau réseau de relations. Au bout de 14 ans, j’ai pris conscience que je connaissais des gens, mais je n’avais pas de vrais amis ici. J’ai redoublé d’efforts, me suis inscrit sur facebook, sur un site de rencontres, ai multiplié les sorties… pour peu de résultats, en fait. Alors j’ai essayé de comprendre sur quoi je butais.

D’abord, à l’étranger, les décalages culturels compliquent les choses ; quand à la communauté des expatriés, elle se renouvelle tout le temps, est constituée des gens disparates, qui n’ont pas de liens réels ni passif entre eux.
Je sais aussi qu’en vieillissant, on s’enthousiasme moins pour les autres, on est pris par le travail, on s’encroute dans ses habitudes ; être ouvert sur les autres, c’est aussi un art de vivre qui s’entretient.
Enfin, j’ai identifié 3 règles qui régissent l’art de se faire des amis : 
- Les amis des amis ont des chances de devenir mes amis ; tout le monde sait ça. 
- Si mes amis se connaissent entre eux, il se crée une toile où tous les liens se croisent et se stimulent alors que, isolément, ils risquent de s’étioler. 
- Enfin, les relations, ça s’entretien et se développe par du vécu, des expériences concrètes.

Nous avons aujourd’hui des outils nouveaux pour communiquer, se rencontrer : les sites de rencontres, les réseaux sociaux… Quoiqu’on en dise, je trouve qu’ils offrent des opportunités réelles ; à chacun d’apprendre à les utiliser au mieux. Peut-être aussi, y a-t-il des formules nouvelles à inventer…

A partir des quelques règles identifiées plus haut, j’ai donc imaginé un nouveau concept de réseau social.
- Tu n’entres que sur parrainage et, au départ, tu ne découvres que les amis de ton parrain (règle n° 1 : les amis des amis ont des chances de…). 
- Tu ne peux valider que 15 contacts en amis (les amis de ton parrain sont donc de VRAIS amis ; raison de plus pour les rencontrer). 
- Chaque fois qu’un ami de ton parrain te classe aussi en ami, tu peux découvrir ses propres amis (ainsi tu tisses un réseau tout en élargissant ton cercle). 
- Plusieurs fonctionnalités sont faites pour permettre des échanges, se rendre service, alimenter les relations et se rencontrer dans la vie réelle (annonces, page de partage, forum, fonctionnalité pour alerter des sorties qu’on envisage pour se donner l’opportunité de se retrouver, passer des bons moments ensemble).

Très vite j’ai compris que cette idée là pouvait répondre à des besoins LGBT. D’abord ici au Maroc, avec une législation homophobe, les applications de rencontres sont beaucoup utilisées pour des traquenards, de la prostitution ; pouvoir se rencontrer en toute sécurité est un réel besoin.
J’ai 60 ans et déjà tenu un sauna ; je connais bien notre communauté ; je sais qu’en Europe, les rencontres sont faciles mais qu’il y règne aussi beaucoup de solitude. A tous les âges, partout dans le monde, il y a des gens qui aspirent à des relations sincères. En découvrant le projet Grey Pride, je me suis dit que mon réseau pouvait répondre aussi à tous ceux qui ne trouvent plus leur place sur les espaces habituels de drague. 

Le troisième âge n’a aucune raison d’être un temps de solitude ; c’est justement le moment où on n’a plus rien à prouver et tout le temps pour soigner les raison humaines. Profitons-en !

Voilà, ce réseau existe ; il faut juste l’amorcer désormais. Je cherche des gens, séduit par cette idée et prêt à m’accompagner, à partager des contenus, inviter et motiver les gens autour d’eux. Contactez-moi sur rezoyagsocial@gmail.com ; je vous expliquerai plus en détail le projet engagé et, quand j’aurai réuni une petite équipe, je vous ferai entrer sur le réseau pour commencer ensemble à tisser une toile humaine. Pour continuer à vivre, entretenir le plaisir de rencontres nouvelles, pouvoir partager des choses dans la vraie vie.

 

 

 


04/04/2018
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Alain, la solitude au naturel...

J'ai rencontré Alain, dans une maison de convalescence et de rééducation. Il était bêtement tombé chez lui...

Alain à 85 ans, il vit seul, locataire dans un petite maison de banlieue. Tomber chez soi, quand on est seul et que l'on est dans l'incapacité de se relever, ça peut être mortel... Pas de famille, pas d'amis, une aide à domicile qui vient une fois par semaine... donc pas de sauveteur pour simplement vous remettre sur pied ! Heureusement, Alain avait dans sa main le combiné téléphonique qu'il venait d'utiliser. Ainsi il a pu appeler des voisins qui on fait venir les pompiers.

Maintenant , vous me direz ce cas, est le cas de nombreuses personnes âgées qui vivent seules, à un détail prêt.

Quelques mois auparavant, une association caritative l'avait contacté pour voir s'il souhaitait des visites, mais il avait gentiment repoussé cette proposition en acceptant seulement de recevoir un coup de fil de temps en temps. Pourquoi ce refus ?

Dès que je l'ai vu, j'ai compris qu'Alain était homosexuel, et j'ai très rapidement glissé dans la conversation que "mon ami" m'attendait, afin de donner des indices évidents de ma sympathie pour les homosexuels (et pour cause). Le message est vite passé ! Et même si le mot "homosexuel" n'a jamais été prononcé, une véritable complicité s'est installée. Depuis je suis revenu plusieurs fois le voir et maintenant qu'il est rentré chez lui je suis invité à venir dans son pavillon.

Pourquoi ce refus de visite de bénévoles et au contraire une invitation en ce qui me concerne ? La réponse me semble simple, la peur de faire entrer dans son intimité des personnes qui ne comprendraient pas son histoire ou qui pourraient se montrer hostile alors qu'il est incapable de se défendre.

Par peur, l'auto-exclusion et la solitude reste donc la seul solution.

C'est pour ça que GreyPRIDE existe ; pour que des personnes LGBT fragiles et isolées ne craignent plus de recevoir de l'aide ou des visites et puissent vieillir décemment.

 


05/08/2016
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Un vieil homme de 90 se souvient de sa lutte contre sa sexualité...

 

Hector Black at his home in rural Tennessee.

Hector Black at his home in rural Tennessee.


 

Ninety-year-old Hector Black has been on Radiolab and StoryCorps, talking about how he forgave the man who murdered one of his daughters.

But he tells NPR's Ari Shapiro a different story — one he hasn't shared before. It's his life as a closeted gay man — a husband and a father — who didn't come out until he was 70 years old.

 

 

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24/12/2015
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Pas de chance...

Jean, ancien séminariste, vivait seul depuis longtemps. Est-ce par charité chrétienne, par attirance pour ce  jeune rom qui faisait la manche, en tout cas il proposa a Silviu de l'héberger pour quelque temps. Silviu sauta sur l'occasion... et se trouva tellement au chaud, qu'il ne voulut plus décamper du nid.

Jean, abusait un peu trop de l'alcool et des cigarettes, mais la présence continue de Silviu qui squattait son appartement ne fut sans doute pas étranger au stress qui lui provoqua un premier AVC. Remis de ce premier accident, à son retour, il trouva le même jeune Silviu dans son appartement... Il fit part à une de ses rares relations de la situation et du stress permanent dans lequel il vivait ; mais rien ne changea et Silviu ne montrait aucune intention de départ... Ce fut sans doute trop difficile à supporter ; Jean eut un deuxième AVC , beaucoup plus grave qui le laissa totalement paralysé.

L'hôpital demanda, alors qu'on lui fournisse les papiers nécessaires pour régulariser l'hospitalisation. N'ayant pas de famille, il fit appel à une relation homo pour aller chercher les papiers chez lui ; mais lorsque il se présenta à l'appartement, Silviu, refusa de lui ouvrir et de lui donner les papiers.

Heureusement, son ami ayant quelques connaissances juridiques, s'adressa au Procureur de la République qui donna le feu vert à la police pour déloger le jeune Silviu.

Suite à cet événement, le procureur de la république pris contact avec le tribunal d'instance pour une demande de curatelle. Le juge demanda à l'ami  de Jean, s'il acceptait d'assumer le rôle de curateur bénévole pour pouvoir liquider l'appartement, et s'occuper du départ en EHPAD de Jean.

Voilà une histoire de fin de vie, assez triste, dans laquelle l'orientation sexuelle n'est pas étrangère à l'enchainement des événements. Heureusement un ami de Jean s'est dévoué pour assurer avec bienveillance les démarches...

Et pour tous ceux qui n'auront pas l'ami qui pourra jouer le rôle de curateur... ne faudrait-il pas organiser une structure LGBT de soutien ?


27/10/2015
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Un couple à la dérive ?

Imaginez, deux femmes qui vivent en couple depuis longtemps, assez âgées et touchées toutes les deux par la maladie d'Alzheimer, une dans un état assez avancé et l'autre au début de la maladie. Une femme de ménage qui débarque dans ce foyer... Une nécessité pour pouvoir maintenir propre l'appartement dont elles s'occupaient avant sans problème. L'aide ménagère, une femme hétérosexuelle qui n'a pas d'a priori négatif sur le fait d'aller dans un foyer lesbien, mais qui n'a jamais été confronté à des personnes ayant cette orientation sexuelle. Les premières semaines de travail se passent sans problème particulier...

Un jour l'une d'elle s'approche de la femme de ménage et commence à lui faire des avances, sous le regard de sa compagne qui ne bronche pas. Cette situation, due à une désinhibition liée à sa maladie est assez courante dans certaines pathologies. L'aide ménagère se sent mal à l'aise dans cette ambiance difficile et ne sait pas trop comment gérer la situation. Elle essaie malgré tout de montrer qu'elle n'est pas contente de cette attitude, mais le message a du mal à passer... Pas de tierce personne qui pourrait réguler la situation, pas de support extérieur pour apaiser l'attitude de l'une des femmes ; sans aide, sans évolution d'une situation qui lui pèse, la femme de ménage décide donc d'abandonner sa place et de laisser le couple lesbien à son destin...

Cette histoire n'est pas une fiction, mais un témoignage que j'ai recueilli et que je vous livre sous couvert de confidentialité.

Que sont-elles devenues ? Qui va prendre la place de la femme de ménage ? Seront-elles séparées et placées en maison d'accueil ? Personne pour témoigner de la suite de cette histoire...

La médiation d'une personne LGBT aurait peut-être permis de trouver une régulation et d'aider la femme de ménage a savoir comment réagir ; une aide extérieure aurait peut-être permis a ce couple de continuer à vivre plus longtemps ensemble dans leur appartement. Nous ne le saurons pas, car aucune association LGBT ne se préoccupe de ces situations...


09/10/2015
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