Grey PRIDE

Grey PRIDE

Témoignages


Alain, la solitude au naturel...

J'ai rencontré Alain, dans une maison de convalescence et de rééducation. Il était bêtement tombé chez lui...

Alain à 85 ans, il vit seul, locataire dans un petite maison de banlieue. Tomber chez soi, quand on est seul et que l'on est dans l'incapacité de se relever, ça peut être mortel... Pas de famille, pas d'amis, une aide à domicile qui vient une fois par semaine... donc pas de sauveteur pour simplement vous remettre sur pied ! Heureusement, Alain avait dans sa main le combiné téléphonique qu'il venait d'utiliser. Ainsi il a pu appeler des voisins qui on fait venir les pompiers.

Maintenant , vous me direz ce cas, est le cas de nombreuses personnes âgées qui vivent seules, à un détail prêt.

Quelques mois auparavant, une association caritative l'avait contacté pour voir s'il souhaitait des visites, mais il avait gentiment repoussé cette proposition en acceptant seulement de recevoir un coup de fil de temps en temps. Pourquoi ce refus ?

Dès que je l'ai vu, j'ai compris qu'Alain était homosexuel, et j'ai très rapidement glissé dans la conversation que "mon ami" m'attendait, afin de donner des indices évidents de ma sympathie pour les homosexuels (et pour cause). Le message est vite passé ! Et même si le mot "homosexuel" n'a jamais été prononcé, une véritable complicité s'est installée. Depuis je suis revenu plusieurs fois le voir et maintenant qu'il est rentré chez lui je suis invité à venir dans son pavillon.

Pourquoi ce refus de visite de bénévoles et au contraire une invitation en ce qui me concerne ? La réponse me semble simple, la peur de faire entrer dans son intimité des personnes qui ne comprendraient pas son histoire ou qui pourraient se montrer hostile alors qu'il est incapable de se défendre.

Par peur, l'auto-exclusion et la solitude reste donc la seul solution.

C'est pour ça que GreyPRIDE existe ; pour que des personnes LGBT fragiles et isolées ne craignent plus de recevoir de l'aide ou des visites et puissent vieillir décemment.

 


05/08/2016
6 Poster un commentaire

Un vieil homme de 90 se souvient de sa lutte contre sa sexualité...

 

Hector Black at his home in rural Tennessee.

Hector Black at his home in rural Tennessee.


 

Ninety-year-old Hector Black has been on Radiolab and StoryCorps, talking about how he forgave the man who murdered one of his daughters.

But he tells NPR's Ari Shapiro a different story — one he hasn't shared before. It's his life as a closeted gay man — a husband and a father — who didn't come out until he was 70 years old.

 

 

Lien vers l'article


24/12/2015
0 Poster un commentaire

Pas de chance...

Jean, ancien séminariste, vivait seul depuis longtemps. Est-ce par charité chrétienne, par attirance pour ce  jeune rom qui faisait la manche, en tout cas il proposa a Silviu de l'héberger pour quelque temps. Silviu sauta sur l'occasion... et se trouva tellement au chaud, qu'il ne voulut plus décamper du nid.

Jean, abusait un peu trop de l'alcool et des cigarettes, mais la présence continue de Silviu qui squattait son appartement ne fut sans doute pas étranger au stress qui lui provoqua un premier AVC. Remis de ce premier accident, à son retour, il trouva le même jeune Silviu dans son appartement... Il fit part à une de ses rares relations de la situation et du stress permanent dans lequel il vivait ; mais rien ne changea et Silviu ne montrait aucune intention de départ... Ce fut sans doute trop difficile à supporter ; Jean eut un deuxième AVC , beaucoup plus grave qui le laissa totalement paralysé.

L'hôpital demanda, alors qu'on lui fournisse les papiers nécessaires pour régulariser l'hospitalisation. N'ayant pas de famille, il fit appel à une relation homo pour aller chercher les papiers chez lui ; mais lorsque il se présenta à l'appartement, Silviu, refusa de lui ouvrir et de lui donner les papiers.

Heureusement, son ami ayant quelques connaissances juridiques, s'adressa au Procureur de la République qui donna le feu vert à la police pour déloger le jeune Silviu.

Suite à cet événement, le procureur de la république pris contact avec le tribunal d'instance pour une demande de curatelle. Le juge demanda à l'ami  de Jean, s'il acceptait d'assumer le rôle de curateur bénévole pour pouvoir liquider l'appartement, et s'occuper du départ en EHPAD de Jean.

Voilà une histoire de fin de vie, assez triste, dans laquelle l'orientation sexuelle n'est pas étrangère à l'enchainement des événements. Heureusement un ami de Jean s'est dévoué pour assurer avec bienveillance les démarches...

Et pour tous ceux qui n'auront pas l'ami qui pourra jouer le rôle de curateur... ne faudrait-il pas organiser une structure LGBT de soutien ?


27/10/2015
0 Poster un commentaire

Un couple à la dérive ?

Imaginez, deux femmes qui vivent en couple depuis longtemps, assez âgées et touchées toutes les deux par la maladie d'Alzheimer, une dans un état assez avancé et l'autre au début de la maladie. Une femme de ménage qui débarque dans ce foyer... Une nécessité pour pouvoir maintenir propre l'appartement dont elles s'occupaient avant sans problème. L'aide ménagère, une femme hétérosexuelle qui n'a pas d'a priori négatif sur le fait d'aller dans un foyer lesbien, mais qui n'a jamais été confronté à des personnes ayant cette orientation sexuelle. Les premières semaines de travail se passent sans problème particulier...

Un jour l'une d'elle s'approche de la femme de ménage et commence à lui faire des avances, sous le regard de sa compagne qui ne bronche pas. Cette situation, due à une désinhibition liée à sa maladie est assez courante dans certaines pathologies. L'aide ménagère se sent mal à l'aise dans cette ambiance difficile et ne sait pas trop comment gérer la situation. Elle essaie malgré tout de montrer qu'elle n'est pas contente de cette attitude, mais le message a du mal à passer... Pas de tierce personne qui pourrait réguler la situation, pas de support extérieur pour apaiser l'attitude de l'une des femmes ; sans aide, sans évolution d'une situation qui lui pèse, la femme de ménage décide donc d'abandonner sa place et de laisser le couple lesbien à son destin...

Cette histoire n'est pas une fiction, mais un témoignage que j'ai recueilli et que je vous livre sous couvert de confidentialité.

Que sont-elles devenues ? Qui va prendre la place de la femme de ménage ? Seront-elles séparées et placées en maison d'accueil ? Personne pour témoigner de la suite de cette histoire...

La médiation d'une personne LGBT aurait peut-être permis de trouver une régulation et d'aider la femme de ménage a savoir comment réagir ; une aide extérieure aurait peut-être permis a ce couple de continuer à vivre plus longtemps ensemble dans leur appartement. Nous ne le saurons pas, car aucune association LGBT ne se préoccupe de ces situations...


09/10/2015
1 Poster un commentaire

Jean-Pierre 63 ans : "Que ne ferait-on pas pour se sentir moins seul ou encore désirable ?"

J'ai 63 ans, je vis à la campagne, je suis au RSA, après avoir été une "reine de la nuit" des années 80... heureusement que j'ai qq amis hétéros, gays (peu, car je n'ai plus les attraits requis aujourd'hui ...) et la solitude est mon lot quotidien .....

 

Je suis né en 1952,  1er et seul garçon, des filles ont suivies.
J'ai toujours su que j'étais gay même si ma première vraie relation a été à 19 ans , durant mes 3 années d'armée ( je me suis engagé pour faire plaisir à Papa ). Il y a eu bien d'autres mecs après, ce n'étaient pas encore les années "SIDA"... à 21 ans je travaillais dans une banque à PARIS et un locataire du foyer de jeunes travailleurs où je logeais m'a fait découvrir le monde de la nuit gay ( le Rocambole, le Scaramouche, le 21, et bien d'autres.....). C'était l'époque ou l'on achetait gai-pied dans des endroits où personne ne nous connaissait.... , on utilisait le minitel et son téléphone rose pour essayer de faire quelques rencontres .
Comme tout cela parait vieux maintenant et pourtant c'était génial .....
J'étais jeune, j'étais beau.....et j'ai découvert le spectacle transformiste (l'Alcazar et J.M.Rivière, Michou ....) Je le suis devenu.... j'étais "Folle tordue", efféminé, mais je restais garçon (pas de faux seins sur scène....) cela a duré presque 20 ans avec des coupures plus ou moins longues....J'ai tourné dans toute la france, l'été au soleil et l'hiver à la montagne et j'ai arrêté définitivement en 1990 ... J'ai fait mes adieux à Nice ( Blue boy et quartz ) et je suis parti dans un monastère trappiste en Bretagne durant 6 mois en "clôture".
N'ayant plus aucun moyens, je suis devenu compagnon d'EMMAUS près de Rennes , en 1993 j'ai rencontré l'Abbé Pierre....en 1994 toujours chez les compagnons celui avec qui j'allais vivre pendant 8 ans .....qui fût présenté à ma famille comme mon mari et accepté par tous ...
Nous nous sommes séparés en 2005 en arrivant içi près de TROYES ou j'ai travaillé comme barman dans un bar-tabac, puis serveur dans une auberge 3***que j'ai quitté car trop agé 58 ans .... il y a 3 ans j'ai fait ma demande de retraite..... ce qu'on me proposait était si faible que la caisse m'a conseillé de rester au RSA jusqu'à 65 ans puis de demander le minimum vieillesse.
Du coté sentimental : jamais rien de sérieux depuis 10 ans ....des tordus (exhib et autres...) ; que ne ferait-on pas pour se sentir moins seul ou encore désirable ?
Il y a maintenant le Net et tous ces sites de rencontres... Ils ont leurs tordus aussi (brouteurs africains, les mordus de skype " montre ton C... et je te montre ma B..., les fakes, les faux profils ....) Y a de quoi se flinguer par temps de désespoir.....
Mais à chaque fois j'y crois et je me dis que dans le lot il en sortira bien UN qui sera pour moi .... pour égayer mes vieux jours...
Voilà les grandes lignes de ma vie .... 

02/10/2015
6 Poster un commentaire