Grey PRIDE

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Le Blog de Libération


Vieux et LGBT : si tu veux survivre, fais-toi oublier !

Collision des calendriers : le même jour sort le rapport de SOS-HOMOPHOBIE et celui de la Commission Nationale Ethique sur le traitement des vieux en France, et ce n'est pas gai !

 

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Le rapport de SOS-HOMOPHOBIE montre la montée d’agressions homophobes et donc l’ancrage de l’homophobie dans la société française. En même temps est présenté, par le Comité National Ethique, le rapport sur la maltraitance des vieux dans la société Française.

 

GreYPRIDE depuis des mois tire la sonnette d’alarme sur cette double appartenance : double peine .

Triple peine, si en plus on est séropositif ! Les acteurs de la filière vieillesse n’ont globalement reçu aucune formation sur le VIH et les modes de contamination. Mais on n’a pas d’argent pour former le personnel...

Les seniors LGBT sont totalement invisibles dans la filière vieillesse. En fait, tu peux être gay ou lesbienne, tant que tu ne le revendiques pas... Cette invisibilité, conséquence de l’auto-exclusion que les seniors LGBT mettent en place pour éviter maltraitance ou discrimination. a de graves conséquences : isolement plus marqué, impossibilité de parler de sa vie, de ses émotions, de son histoire, un taux de suicide plus important, des épisodes dépressifs plus marqués...

De façon plus globale, la sexualité des vieux et des vieilles est vue comme une perversion ou des actes inappropriés : «A votre âge, il faut que cela cesse !». C’est un sujet qui reste encore largement tabou ; pourtant la sexualité est constitutive de notre identité et de notre histoire.

 

Pour lutter contre cette violence institutionnelle et sociétale faite aux personnes âgées, il faut repenser globalement la filière vieillesse, réhumaniser notre rapport aux vieux pour respecter leur identité, leur sexualité, leurs choix de vie et de mort, et leur droit au risque.

Il faut sortir de la logique duale logement individuel ou logement collectif. Les formes d’habitats alternatifs doivent être développés pour construire des lieux à taille humaine et dans lesquels on se retrouve par affinité (cohabitation, lieux familliaux, petites structures d’appartement/services...).

Le diktat des contrôleurs de gestion qui parlent de seuil de rentabilité à partir de 70 places ne doit pas être la règle. Actuellement, pour des raisons de rentabilité on favorise la construction de lieux d’accueil de grande taille, souvent loin des centres-ville, rentables, mais dans lesquels on ne pourra jamais se sentir comme chez soi. A l’inverse, on devrait imaginer des lieux de vie de petite taille (appartements/services) répartis dans le tissu urbain et rattachés à un centre de ressource médico/social partagé.

Les normes hygiénistes et d’aménagement qui imposent un type d’habitat et un type de fonctionnement contribuent à la déshumanisation de la vieillesse. Des espaces de vie qui ressemblent à des hôpitaux, l’impossibilité de participer aux tâches ménagères et à toute activité, le confinement dans des résidences qui sont plus proches de lieux carcéraux que de lieux de vie.

 

Mais tous ces points, à l’origine de la maltraitance des personnes âgées, tout le monde les connait, mais ne veut pas les voir !

Le déni social de la vieillesse est le premier fléau à l’origine de cet état de fait. Le concept de «jeunesse éternelle» est à la base de ce refus de se préoccuper de la situation des plus vieux d’entre nous. Les vieux c’est toujours les autres.

Pourtant «vieillir» n’est pas un gros mot : c’est ce que nous faisons depuis que nous sommes nés. Alors ! Ne rien faire aujourd’hui, c’est préparer sa propre maltraitance demain.

Militons pour une société plus inclusive pour les vieux et les vieilles, respectueuse de l’identité de chacun-e et de la diversité de sexualité et de genre.

 

Militons pour le droit à aimer et être aimé-e jusqu’au dernier jour de notre vie.

 

Francis Carrier


Nota: Le 19 juin GreyPRIDE organise un colloque «Vieillir Sans Tabou» et prépare un label pour améliorer l’accueil des personnes âgées LGBT et le respect de la sexualité dans le secteur médico-social, associatif et commercial :«GreyPRIDE Bienvenue»


17/05/2018
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Grindr : la délation numérique

Chaque jour de nouvelles fuites ! Nous apprenons que nos chers réseaux sociaux ont la malheureuse tendance à donner ou plutôt à vendre nos données privées pour se faire un peu ou beaucoup d'argent sans trop se soucier de l'utilisation qui en sera faite.

 

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Pour ceux qui ne le connaissent pas, GRINDR est le premier outil mondial de rencontre entre hommes. Il revendique pas moins de 3,4 millions de connectés par jour.

Dans les rubriques du profil que chaque utilisateur renseigne, on peut déclarer son statut VIH.

Pour les séropositifs, lors d’une rencontre amoureuse ou pour un plan baise, déclarer sa séropositivité est un moment difficile. A quel moment le dire ?

Cette déclaration se fait toujours dans la crainte d’être confronté à un rejet (plus ou moins violent) ou à la peur du partenaire potentiel, même si l’on sait aujourd’hui qu’une personne ayant une charge virale indétectable ne peut pas transmettre le virus.

Cela peut aussi être un moment difficile si la personne rencontrée n’a jamais fait aucun test et ne connaît pas son statut sérologique. Quelque soit le cas, annoncer son statut sérologique n’est jamais quelque chose de simple et très souvent les clients de GRINDR préfèrent indiquer ce statut dans leur fiche de présentation plutôt que d’avoir à aborder ce sujet plus tard. 

Ainsi lorsque M Chen, dirigeant de Grindr, nous dit : « les usagers peuvent choisir ou non d’indiquer sur leur profil leur statut VIH et c’est donc à eux d’être vigilants» on peut mesurer l’ignominie de ce propos.

M. Chen n’est pas dans l’ignorance que cette rubrique est souvent renseignée pour les raisons que je viens de citer. 

GRINDR ne se considère donc pas responsable ; irresponsable certainement. Le SIDA n’est pas une maladie comme les autres et trahir la confiance des utilisateurs en ne respectant pas la confidentialité de leurs données personnelles est impardonnable.

Personnellement je reçois sur Facebook des publicités sur l’incontinence et les applis de rencontre gay. Au moins on ne peut pas taxer les algorithmes d’être excluant sur la sexualité des seniors... mais que fera-t-on lorsque, demain, les employeurs, les assureurs, les banques, les mutuelles auront accès à nos données personnelles ?

Lorsque nos primes d’assurance, nos emplois, nos rencontres seront modulés selon notre orientation sexuelle, notre identité de genre, notre statut sérologique ou nos risques génétiques de développer une maladie ? 

Le risque devient quelque chose d’inacceptable.

M Chen et ses congénères trouveront toujours une façon de faire du fric quitte à saper les fondamentaux de nos sociétés. La délation ne sera plus un problème, mais simplement une façon comme une autre de faire du business. Merci les réseaux sociaux.

La responsabilité, la morale, la solidarité ne sont pas les qualificatifs qui décrivent le mieux nos nouveaux maîtres du monde !


04/04/2018
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XDOLLS : la sexualité pour tous

Les poupées sexuelles devront-elles être sacrifiées au nom de la morale et de la pudibonderie ?

 

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ASIMOV l’avait bien prédit, les robots humanoïdes qui nous accompagneront dans le futur seront aussi nos partenaires sexuels. Nous en sommes qu’aux prémices ; l’arrivée de poupées améliorées équipées d’un faible QI, soulève pourtant déjà un questionnement et des velléités d’interdiction...

 

Demain, la réalité augmentée donnera encore plus de soucis à nos pères-et-mères-la-morale. Des humanoïdes auxquels on pourra associer virtuellement la tête de qui l’on veut pour s’ébattre sans risque : la tête du voisin, celle de la voisine, de tel acteur ou actrice connus, de ses parents ou de personnes mortes... et je vous laisse à votre imagination.

Ces nouvelles pratiques ont certainement des inconvénients mais elles ont pour mérite de proposer à tous ceux et celles qui ne peuvent pas avoir de sexualité d’avoir un nouveau choix qui s’offre à eux.

 

Les personnes handicapées et les personnes âgées sont aujourd’hui soumis à la règle : «pas de bras, pas de chocolat». La criminalisation de l’achat de services sexuels ne permet plus d’envisager la possibilité d’avoir des assistant-e-s sexuels/sensuels.

De nos jours le maximum de jouissance autorisée dans un rapport rémunéré consiste à demander un massage du cuir chevelu par notre coiffeur ou coiffeuse préféré-e ou d’un massage de la plante des pieds pour ceux ou celles sensibles des extrémités.

Cette criminalisation, qui associe la problématique de l’esclavagisme et l’achat de services sexuels est intrusive dans notre façon de vivre. Le fait de considérer que rendre un service rémunéré d’ordre sexuel ou sensuel à une personne est illicite ne repose que sur des préceptes moraux. Les relations basées sur l’intérêt sont par contre absoutes dès l’instant où nous offrons à la société la parodie d’un mariage d’amour.

 

Cette loi a aussi d’autres conséquences. Je ne parlerai pas des problèmes des prostitué-e-s qui se trouvent dans une plus grande fragilité dans la négociation avec leurs clients, mais elle oblige les responsables d’établissements pour personnes handicapées ou d’EHPAD, à trouver des solutions hors-la-loi ou à prendre des décisions de contention médicamenteuse qui se traduisent par une violence faite aux personnes.

 

J’ai reçu plusieurs témoignages de directeur d’EHPAD qui m’ont fait part des solutions qu’ils ont du mettre en oeuvre en faisant appel au service de prostituées pour permettre à un résident ou à une résidente d’avoir une relation sexuelle. Cet exemple aussi de 2 fils qui ont continué de payer une prostituée que voyait régulièrement leur père pour lui permettre d’avoir une vie sexuelle en EHPAD. Et les exemples ne manquent pas...

 

Nos chers abolitionistes préférent rester sur des préceptes moraux et ne pas voir les pratiques réelles qui n’ont rien de répréhensibles dès l’instant où elles se passent entre deux personnes consentantes. Le témoignage d’une assistante sexuelle suisse lors des assises nationales des EHPAD nous montre que les pratiques sexuelles sont multiples et évoluent dans le temps ; le besoin de caresser ou d’être caressé-e subsiste jusqu’au dernier jour de notre vie. Ce rapport au corps nous libère car il permet de ne plus être dans la frustration de contacts purement mécaniques pour être lavé-e, levé-e, couché-e...

 

Etant donnée que les animaux sont interdits dans la plupart des établissements, la solution que certains EHPAD ont mis en place pour détendre les personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, consiste à manipuler un bébé phoque robotisé, qui couine et vous regarde amoureusement en fonction des pressions que vous exercez sur lui. J’espère qu’il n’y aura pas de dérives zoophiles !!!

N’en déplaise à tous ceux qui veulent nous dicter notre façon de baiser, l’humanisation de la vieillesse et du handicap passe nécessairement par une réponse adaptée pour permettre à ces populations d’avoir des contacts sexuels et sensuels.

 

Les prohibitions n’ont jamais réglé aucun problème : alors on fait quoi ?

On trouve des solutions réalistes où on continue d’interdire ?

 

Francis Carrier


17/03/2018
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"120 battements par minute" c'est bien, mais pour les survivants on fait quoi ?

Faire pleurer des salles entières

a peu d'impact sur la qualité de vie des survivants...

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Après Cannes, les Césars ont encore récompensé le film «120 battements par minute», récompenses méritées car les acteurs et le réalisateur ont su retranscrire l’histoire et l’émotion de cette époque. Mon propos n’est pas de faire une critique de ce film, tous les critiques de cinéma l’ont déjà faite. Mais de se poser quelques questions sur sa résonance médiatique et sur la suite qu’il nous inspire.

Je suis moi-même séropositif depuis 84 et j’ai rejoint AIDES en 87. J’ai vécu cette époque terrible de dénis, de combats, de deuils et de rencontres. Les associations de lutte contre le sida ont permis de transformer la place des malades dans la société et ont donné une place aux patients dans le dialogue avec le secteur médical. Depuis cette époque, cependant, un glissement s’est opéré, et les représentants des usagers dans le secteur hospitalier dialoguent plus avec les représentants administratifs de l’hôpital qu’avec le secteur médical.

L’impact émotionnel de «120 battements par minute» est immense, mais au-delà de l’émotion parlons du sida aujourd’hui et plus particulièrement des survivants.

En recevant son prix à Cannes, Robin Campillo a dédié son film non pas seulement aux morts de cette époque, mais aussi à tous ceux qui ont survécu.

Qui sont-ils ? Combien sont-ils ? Aux USA, les plus de 50 ans représentent plus de la moitié des personnes vivant avec le virus du SIDA. Les survivants, j’en fais partie ! Bien que séropositif depuis mes 30 ans, j’ai eu la chance de pouvoir vivre ma vie professionnelle, amoureuse et sociale, mais ce n’est pas le cas de toutes les personnes contaminées. Aujourd’hui je me préoccupe avec GreyPRIDE de la situation des seniors LGBT et je suis énervé par l’absence totale de prise en compte par les pouvoirs publics de ces survivants du VIH.

Le problème n’est pas l’accès aux traitements mais l’absence de préparation à l’accueil de cette population dans la filière vieillesse.

De faibles retraites dues à un parcours professionnel chaotique, un isolement plus marqué du à la difficulté de construire une vie amoureuse et sociale, un vieillissement prématuré pour certains, des co-morbidités qui pèsent sur l’espérance de vie et surtout l’absence de formation du personnel médico-social de la filière gérontologique, autant de raisons qui devraient nous interpeller.

Dans les années 80, la peur du SIDA a provoqué des phénomènes de rejet et de peur de la part du personnel soignant ; allons-nous vivre la même chose dans le secteur de l’aide à domicile ou dans les structures d’accueil des personnes âgées ?

La vieillesse est déjà marquée par un isolement social pour beaucoup de personnes âgées (cf enquête réalisée par les Petits Frères des Pauvres) ; mais le fait d’appartenir à une minorité ne fait qu’accentuer cette situation. Après avoir échappé au SIDA, devrons-nous vivre une mort sociale ?

La brochure éditée par AIDES en 2013 (journal de la conférence de consensus communautaire sur le vieillissement des personnes vivant avec le VIH) indiquait que 79% des personnes séropositives rencontrent des problèmes financiers, le taux de co-morbidité est 3 fois plus important pour les séropositifs de moyenne d’âge de 55 ans (comparé à des séronégatifs de 70 ans), les plus de 50 ans séropositifs deviennent la tranche d’âge la plus importante des séropositifs.

Qu’attend le ministère de la santé et des affaires sociales, les conseils généraux et régionaux pour mettre en place un plan de formation à destination des aidants et soignants pour l’accueil des personnes séropositives ? Pour généraliser un plan de prévention et de suivi des personnes vieillissantes ? Pour mener une politique d’accueil et de soutien des personnes séropositives âgées ?

GreyPRIDE, a interpellé ces différents acteurs sur ce sujet, mais pour l’instant aucune réponse.

Les bons sentiments et l’émotion provoqués par «120 battements par minute» ne permettront pas d’améliorer la qualité de vie des survivants. Pour nous, ce film ne fait que réactiver l’impression qu’il est plus facile de pleurer sur nos morts que de se préoccuper de ceux qui essayent de survivre.

 

Francis Carrier


04/03/2018
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Nuits câlines aux Mimosas

Nuits câlines aux Mimosas

Petite chronique inattendue d'une vieillesse sans tabou

 

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La maison de retraite «Les Mimosas» n’était pas très accessible ; située en grande banlieue parisienne, il fallait se résoudre à prendre une succession de transports en communs qui n’en finissaient pas. Mais le choix de cette maison pour y mettre Claudine, avait été fait en raison du prix qui, malgré tout était raisonnable. Bien sûr, Les Mimosas, n’étaient pas de la dernière fraîcheur, mais un jardinet avec quelques arceaux permettait de profiter de l’extérieur les jours de beau temps. Pendant le trajet, Joan avait tout le temps pour faire défiler ces moments d’amour partagés avec sa mère ; une histoire faite de joies et de douleurs, de crises et de réconciliations... Mais le temps ayant fait son oeuvre, Joan avait viscéralement besoin de sentir la chaleur de l’épaule de sa mère. Sans doute parce qu’elle avait été toujours là, même dans les moments les plus difficiles : sa fragilité, sa fêlure ne lui avait pas permis d’être une adulte comme les autres et son côté enfantin la liait pour toujours a sa mère. Même dans les moments d’émancipation, où par désir de s’affranchir elle était partie avec des hommes qui avaient su exploiter ses faiblesses, Claudine avait toujours su garder le lien avec sa fille. Le chaos de la drogue, la prostitution occasionnelle, les passages en cliniques «psy» de Joan n’avaient jamais cassé ce lien maternel. Aujourd’hui dans ce bus qui la ramenait, comme toutes les semaines, près de sa mère, elle se sentait calme. Heureuse ? Non, mais elle avait su faire avec et elle s’était habituée à sa vie d’équilibriste ...

 

Sa mère vivait maintenant dans un présent perpétuel et oubliait parfois que Joan était sa fille, mais elle montrait de la joie à être calinée, embrassée par une jeune fille qui lui témoignait beaucoup de tendresse. Comme les autres fois, ce soir elle resterait dormir avec elle. Ce n’était pas seulement ce pénible trajet de retour qu’elle souhaitait éviter, mais se blottir contre sa mère, dans le même lit , était une source d’apaisement.

 

Se cacher, braver l’interdit, car rester dormir la nuit n’était pas autorisé, ajoutait bien sûr du plaisir à ces soirées spéciales... Elle connaissait les horaires de passage du personnel, les moments où il fallait se faufiler dans les toilettes dans le couloir, se glisser dans la salle d’eau de la chambre pour éviter le dernier passage du soir.Puis venaient la pénombre et le silence, seulement rythmé par quelques ronflements et ronronnements issus de moteurs de climatisation. Un peu plus tard viendraient d’autres bruissements, de petits coups tapés à la porte, le signal d’appel pour d’autres rencontres...

Au fil de ces nuits clandestines, le voisin de chambrée, Monsieur Louis avait repéré que Joan ne repartait pas comme tous les visiteurs ; Louis, célibataire depuis plusieurs années et bientôt proche de 90 ans, avait souvent vu passer cette femme et avait même croisé une deux fois son regard ... Et si...

 

Joan avait la cinquantaine. Son corps léger, malhabile, qu’aucune robe ne parvenait réellement à cacher, ne laissait pas les hommes indifférents. Est-ce par gentillesse, par provocation, par plaisir de l’interdit ? En tout cas, elle ne se montra pas farouche quand Louis lui toucha la taille et puis se montra plus entreprenant. 

Moyennant quelques euros elle lui permit de laisser ses mains s’égarer sous ses jupes... caresses furtives, malhabiles, mais empreintes d’un désir qui n’avait pas jailli depuis des années. Ces moments de caresses, de tendresse charnelle étaient une bénédiction pour Louis, qui ne put s’empêcher de confier son secret à ses quelques amis masculins pensionnaires comme lui.

Ainsi au fil des semaines, certaines nuits aux Mimosas étaient soudainement emplies de chuchotements, de passages dans les couloirs d’habitude déserts, d’effleurements contre la porte de la chambre, de soupirs sensuels...

Joan apporta à ces vieux messieurs, une sensualité que personne n’avait pu leur donner depuis des années. Aux toilettes intimes, parfois gênantes, qui ne laissaient aucune place à la moindre ambiguité s’ajoutaient maintenant de temps à autre des rencontres charnelles, faites de chaleur et de tendresse.

 

Joan continua ainsi ses soirées aux Mimosas, une petite affaire que la morale n’approuverait pas mais qui ne la gênait en rien. Le bonheur de dormir contre sa mère, le plaisir qu’elle éveillait auprès de ces vieux messieurs, la peur d’être découverte... 

Les Mimosas devenaient pour Joan et quelques pensionnaires un lieu d’aventure, de plaisir, de désir et de tendresse : tout ce qui n’était pas prévu au règlement intérieur !


23/02/2018
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