Grey PRIDE

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Assemblée générale ordinaire de GreyPRIDE

Convocation à l’Assemblée Générale ordinaire de l’association Grey PRIDE

Nous avons le plaisir de vous inviter à participer à l’Assemblée Générale Ordinaire annuelle de notre association qui se tiendra :

le samedi 24 février 2018 à 14h
dans les locaux de Basiliade au 12 rue Béranger 75003 Paris métro République

L’ordre du jour sera le suivant :
- Rapport moral du Président,
- Rapport d’activité,
- Rapport financier du Trésorier,
- Election des membres du Conseil d’Administration,
- Questions diverses,

Les membres qui souhaitent présenter leur candidature doivent se manifester dès maintenant par mail richardboitel@gmail.com

Conformément aux dispositions vous avez la possibilité de consulter les documents nécessaires à votre information qui sont à votre disposition au siège social de notre association.

Par ailleurs, nous vous rappelons que vous devez être à jour de votre cotisation 2018 et que si vous êtes dans l’impossibilité de participer à cette Assemblée Générale, vous pouvez vous faire représenter par un autre membre de l'association muni d'un pouvoir régulier.

Nous vous prions d’agréer Cher(e) adhérent(e), l’assurance de nos salutations solidaires.

 

Pouvoir à télécharger

GreyPRIDE c/o Centre LGBT Paris IDF 63 rue Beaubourg 75003 Paris


15/01/2018
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Il parait que 100% des vieux ont été jeunes...

"Getting old is not for sissies !"

 

Cette phrase de Bette Davis que l'on pourrait retraduire "Devenir vieux n'est pas fait pour les mauviettes !" est pleine de sagesse .

En effet lorsqu'on est plus jeune on regarde les vieux et les vielles comme si c'était un espèce étrangère, un groupe à part, auquel nous n'appartiendrons jamais.

Et chacun de s'occuper de son jardin, d'organiser ses voyages, d'aller voir ses petits enfants, d'apprendre le macramé ou une nouvelle langue étrangère, de participer à une association contre l'illettrisme des filles mères, de faire de l'exercice... et surtout de rester jeune, jeune, jeune...

 

Peu d'entre nous réfléchissent à leur façon de vieillir, avec qui, ou, dans quel cadre, avec quel soutien... on verra bien !

 

Il suffit d'aller dans les maisons de retraite, EHPAD ou domicile pour voir que l'imprévoyance conduit toujours aux mêmes solutions : la solitude et/ou la perte totale de sa liberté et de son intégrité. Pourtant 100% de tous ces vieux et de ces vieilles ont été jeunes et ont acceptés de se retrouver dans la situation qu'il subissent.

 

Alors sans être dans une logique de "tout prévoir", il est important d'organiser un peu les choses surtout lorsqu'on fait partie d'une minorité dont l'histoire passera à la trappe dès l'arrivée de la perte d'autonomie.

 

GreyPRIDE n'a pas la prétention de régler les situations individuelles des 800 000 seniors LGBT de plus de 60 ans, mais de faire prendre conscience que discuter ensemble, retrouver un peu de solidarité, imaginer des projets ne peut qu'être bénéfique pour nous garantir un meilleur avenir. Le jour où nous aurons besoin de quelqu'un ne serait-il pas mieux d'avoir une personne qui nous connait, à qui nous n'avons rien à cacher de notre façon de vivre et d'aimer.

 

Vous pensez que j'ai raison, alors commencez localement à organiser des groupes GreyPRIDE, dans un café, une asso, chez quelqu'un.

Faire connaissance dans un premier temps, discuter, voir ce que l'on peut faire... organiser la venue de l'expo "Vieillir sans tabou", un débat...

C'est un début pour imaginer d'autres projets et ne pas rester dans le déni de sa propre vieillesse.


Les salons mensuels GreyPRIDE organisés à Paris dans les locaux de Basiliade ont maintenant un public régulier d'une vingtaine de personnes. 
Se rencontrer, se raconter et sortir du silence c'est la première démarche pour essayer d'imaginer des actions de solidarité, faire des projets et former un groupe GreyPRIDE local. 

 

Si vous n'avez pas le temps, pensez qu'un jour il sera trop tard pour se préoccuper de vous...

Alors ? Qui s'y colle ? 

Ah, au fait, bonne année !!! Bisessssss

 

Francis Carrier

 

PS: des projets de formation de groupe GreyPRIDE commencent à exister sur Marseille et Grenoble... Passez une annonce sur le groupe  Facebook/greypride ou envoyez-moi le texte d'une petite annonce que je diffuserai

 

Ne manquez pas les chroniques que je diffuse régulièrement sur le  Blog de Libération


06/01/2018
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Ma vieillesse et ma famille recomposée

 

Jusqu'au dernier jour, j'aimerais pouvoir être gay et séropo sans être obligé de me cacher, vivre dans un environnement bienveillant et humain, être avec des vieux/vieilles avec qui je peux partager mon histoire, être solidaire, rigoler, sans être jugé.

 

Blog GreyPRIDE de Libération

 

 

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Les vieux, ce sont toujours les autres ! La vieillesse est un moment de notre vie que l’on a du mal à imaginer : par déni, par crainte de notre fin de vie, par difficulté de s’identifier aux vieux que l’on côtoie ?

J’ai les mêmes difficultés que tout le monde pour me projeter dans ma propre vieillesse, pourtant quand je vais visiter des personnes âgées, hétéros ou homos, à leur domicile ou dans un EHPAD, je me pose toujours la question : «Est-ce que j’aurais envie de vieillir là ? Dans ces conditions ?»

Et la réponse est très rarement positive...

 

Je fais partie de la génération qui depuis 68 a combattu pour la dépénalisation de l’homosexualité et la fin de l’inscription comme maladie mentale à l’OMS. J’ai combattu pour que les personnes atteintes par le VIH ne soient pas rejetées ; combattu pour que la société puisse accepter des personnes séropositives et leur permette d’avoir un projet de vie, et aujourd’hui je continue de me battre dans le cadre d’une association de soutien aux personnes âgées en les aidant et en essayant de faire respecter leurs choix de vie. Ces combats, c’est mon ADN et je me prépare donc au dernier combat, celui qui concerne ma propre vieillesse.

 

Notre société associe à la vieillesse une succession d’amputations, de pertes... La perte du désir dans le regard de l’autre parce que notre corps vieillit, la perte de l’utilité sociale lorsque on quitte son travail, la perte de notre statut de majeur, on devient progressivement un mineur que l’on doit protéger, même contre lui-même, enfin la perte de notre humanité lorsqu’on devient un objet de soin...

Avons-nous donc si peu d’empathie pour nous-mêmes que nous rejetions progressivement les vieux à la marge de la société ? Ces vieilles, ces vieux que nous deviendrons tous et toutes un jour ou l’autre !

 

Pourtant, si nous ne nous approprions pas le rôle d’usager pour être acteur et actrice des décisions concernant la prise en compte de la vieillesse dans notre société, nous laissons aux autres la faculté de choisir pour nous : les politiques, les sachants, les financeurs.

Organiser le «Mieux vieillir», c’est participer aux décisions concernant les évolutions nécessaires, c’est suivre les innovations et veiller à ce qu’elles soient proposées au plus grand nombre, c’est évaluer les services et les établissements, c’est veiller à ce que tous les seniors puissent vivre dignement et conserver une bonne qualité de vie. Etre acteur c’est veiller que les intérêts financiers ne soient pas le facteur qui définisse l’organisation de l’accueil des personnes âgées (en 2017, 40% des nouvelles places proposées en EHPAD ont été faites par le secteur privé).

 

Aujourd’hui les inégalités chez les personnes âgées ont tendance à se creuser ; demain la Silver Economy, porteuse de projets innovants, risque d’être un facteur d’aggravation de ces inégalités. D’un côté les vieux vivant dans un cadre agréable, avec les objets connectés qui permettront de surveiller la moindre anomalie dans les constantes physiologiques, d’appeler automatiquement des secours, de préparer des repas équilibrés, d’accéder depuis chez soi à des loisirs... de l’autre des personnes vivant dans des appartements inadaptés, isolés du monde, ou bien placées dans des établissements avec du personnel mal formé, en sous-effectif avec des équipements minimalistes...

 

L’appartenance à une minorité, comme la population LGBT (Lesbienne, Gay, Bi, Trans) est aussi un facteur d’isolement encore plus marqué ; l’auto-exclusion étant sans doute la meilleure stratégie pour éviter tout risque de maltraitance ou de discrimination.

 

Notre responsabilité collective est de lutter contre ces inégalités, de veiller à accueillir toutes les personnes âgées, en prenant en compte leur identité culturelle, leur orientation sexuelle, leur identité de genre pour que la vieillesse ne soit pas un lieu d’exclusion ou de violence.

Je milite pour que la tendresse, la sensualité, la sexualité des personnes âgées puisse librement s’exprimer et ne soit pas vu comme une perversion ou des actes inappropriés et que le respect de l’intimité des personnes âgées soit la règle.

 

Pour que les appartements-autonomie, appartements partagés pour seniors, appartements d’accueil familiaux (...) soient des lieux «affinitaires», accueillant des personnes qui ont envie de vivre ensemble ; en général c’est la disponibilité d’une place qui décide de l’entrée dans un établissement et non pas le choix de la personne.

 

Pour que le maintien à domicile, formule plébiscitée, se fasse dans des conditions de coordination de tous les intervenants médicaux, sanitaires, sociaux (EHPAD hors les murs ou conciergerie des services au domicile) et dans l’écoute des souhaits des personnes prises en charge. Pour que l’EHPAD ne soit plus le dispositif central de la grande dépendance, mais un outil comme d’autres remplissant certaines fonctions.

 

Qu’une formation de tous les intervenants salariés et bénévoles soit réalisée pour faire comprendre que la sexualité, la tendresse est une composante de notre humanité, de notre histoire, quel que soit notre âge, pour que les spécificités des seniors LGBT soient prises en compte et que les personnes séropositives soient prises en charge sans discrimination.

 

Que le personnel de l’aide à domicile et les personnes travaillant dans les différents établissements voient une revalorisation de leur statut et de leur salaire et que ce secteur ne soit pas une impasse professionnelle.

 

Que l’accès aux prothèses auditives, optiques et dentaires ainsi que leur suivi dans le temps, soit généralisé pour permettre à chacun de conserver un maximum d’autonomie.

 

Enfin, que les soins soient proposés avec la juste insistance médicale dans l’écoute des souhaits de chacun, jusqu’au choix de sa fin de vie.

 

Tous les décideurs doivent comprendre que ce ne sont pas les règlements, les normes, les principes de précaution qui permettent de garantir la qualité de vie des personnes âgées : il faut les aimer et simplement les écouter. Les normes et réglementations médico/sociales sont un écueil pour créer des structures innovantes qui permettent la création de lieux d’accueil plus humains. L’habitat inclusif (ni en EHPAD, ni seul chez soi) est une piste qui promet de mieux prendre en compte la qualité de vie des personnes âgées si en même temps l’état réforme les financements du secteur de la vieillesse et crée une coordination des différents intervenants : protection des personnes (tutelle, curatelle), acteurs sanitaires, autonomie, social, santé).

 

Je souhaite vieillir sans crainte de raconter mon histoire, en disant qui je suis, dans un environnement bienveillant, avec d’autres personnes que je considérerai comme ma famille et je voudrais que mes choix soient entendus et respectés jusqu’au dernier jour de ma vie.

Pas vous ?

 

Francis Carrier


28/12/2017
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Les dérives des tutelles en France

Négligences, abus, escroqueries : les dérives des tutelles en France

En France, 800 000 personnes sont placées sous tutelle ou sous curatelle. Un chiffre en constante progression. Or, les négligences, les escroqueries, les abus sont là aussi de plus en plus fréquents. Peut-être parce que le système, tel qu'il est, le permet. "Secrets d'info" a mené l'enquête.



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Laetitia Cherel / Cellule Investigation de Radio FrancefranceinfoRadio France

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En France, 800 000 personnes sont placées sous tutelle ou sous curatelle. Un chiffre en constante progression. Or, les négligences, les escroqueries, les abus sont là aussi de plus en plus fréquents. Peut-être parce que le système, tel qu'il est, le permet. La cellule investigation de Radio France a mené l'enquête.

Détournements d’assurances-vie, pratique courante de comptes-pivots, mise sous tutelle abusive... En France, près d'un million de personnes sont placées sous protection juridique (tutelle, curatelle ou mesure de sauvegarde judiciaire). Un chiffre en constante progression. Or, les négligences, les escroqueries, les abus sont là aussi de plus en plus fréquents. La tutelle est pourtant destinée à protéger les intérêts d’une personne dite "vulnérable", c’est-à-dire dont les facultés mentales ou corporelles sont altérées et qui ne peut gérer seule ses biens.

Trois temps pour une mise sous tutelle

La mise en place de cette mesure de protection se fait en trois temps : d'abord, un proche, un médecin, une assistante sociale ou même le banquier de la personne concernée fait un signalement au tribunal d’instance. Ensuite, le juge des tutelles prend une décision en s'appuyant sur une expertise médicale. Enfin, il désigne un tuteur, ou "mandataire judiciaire". Dans la moitié des cas, il s'agit d'un membre de la famille. Dans l’autre moitié, d'un tuteur indépendant ou d'une association spécialisée. Il devient le mandataire de ce qu’on appelle un "majeur protégé".

Un tuteur a quasiment tous les pouvoirs, explique Valérie Labrousse, auteure du livre Les Dépossédés, paru aux Editions du Moment. Il gère l’argent de poche de son protégé, ses moyens de paiement, paye ses factures d’électricité, son loyer ou sa maison de retraite, gère son patrimoine et peut même vendre sa maison. 

Le tuteur a tous les pouvoirs, et le grand problème des tutelles, c'est qu'il y a un grand écart entre les faits et la loi.

Valérie Labrousse, auteure du livre Les Dépossédés (Ed. du Moment) 

 

En 2007, la loi a tenté de professionnaliser l'activité de tuteur. Aussi, les tuteurs doivent suivre une formation de 350 heures et dix semaines de stage, et un diplôme, le certificat national de compétences, a été créé. Pour autant, des dérives persistent, et parmi elles, le placement sous tutelle abusif.

Une expertise médicale bouclée en dix minutes

Une personne peut être mise sous tutelle alors que son état ne le justifie pas. C'est ce qui est arrivé à Nathalie, 50 ans, placée sous tutelle suite au signalement d’une assistante sociale en décembre 2016. Elle ne l’apprendra que quatre mois plus tard, à son grand étonnement : "L'Union départementale des associations familiales a saisi mon compte. Je n'ai jamais été convoquée par la justice et je ne connais pas cette association. Mais j’ai résisté."

Pendant huit mois, Nathalie a contesté sa mise sous tutelle, avec l'aide de l'Afcat, l’Association française contre les abus tutélaires. "Un médecin désigné par le juge est venu la voir et a établi en 10 minutes un rapport d'expertise légal, se souvient Claude Petit, le président de l'Afcat. Un de nos avocats a pris le dossier et lui a fait passer une véritable expertise qui a conclu que cette personne ne relevait pas d'une mesure de protection juridique. Malgré cela, la juge des tutelles a demandé une contre-expertise, qui a confirmé la première." La tutelle a été levée en octobre 2017, après huit mois de bras de fer.

"On lui donnait les vêtements des patients décédés"

Parmi les dysfonctionnements du système des tutelles, on dénombre de nombreux cas de négligences de la part des tuteurs. Certains "oublient" par exemple de donner de l’argent de poche à la personne placée sous leur protection, ou estiment qu’elle n’en a pas besoin, parce qu’elle vit dans une maison de retraite. Sans argent, ces personnes ne peuvent plus se payer leur abonnement à leur revue préférée, ou s’acheter à manger pour celles qui habitent encore chez elle. Parfois, ces négligences peuvent avoir des conséquences graves.

Un juge des tutelles à la retraite se souvient d’une situation qui l’a particulièrement choqué : "C’était une personne sous tutelle qui vivait dans une maison de retraite, raconte l'ancien magistrat. Elle n’avait plus de vêtements à sa taille, plus rien à se mettre. Son tuteur ne lui achetait pas de vêtements, c’était inadmissible."

L’hôpital n’avait pas d’autre choix que de lui donner les vêtements d’autres patients décédés.

Un juge des tutelles à la retraite

 

Ce même juge se rappelle d’une autre femme qui avait de l’argent et qui vivait sans chauffage, sans que son tuteur ne s’en inquiète alors qu’elle avait beaucoup d’argent sur son compte en banque.

37h d’auxiliaire de vie contre 65h autorisées

Autre exemple de négligence : le cas de Janine Bony, une dame de 92 ans, atteinte d’un trouble de la mémoire immédiate et dont la motricité est très réduite. Hébergée chez son fils Michel, qui a la curatelle de sa personne (une association a la curatelle de ses biens) elle bénéficiait jusqu’à il y a quelques mois de l’aide d’une auxiliaire de vie 37 heures par mois. Il y a un an et demi, la personne chargée d’évaluer cette aide l’a augmentée à hauteur de 65 heures de présence par mois, compte-tenu de l’aggravation de son état. Dix-huit mois plus tard, Janine ne bénéficie toujours pas de ce volume d’aide, malgré des relances de son fils auprès de l’association qui gère la curatelle de ses biens.

Ces négligences sont suffisamment nombreuses pour que la Cour des comptes s’en alarme en octobre 2016 dans un rapport très sévère, au titre explicite : "La protection juridique des majeurs : une réforme ambitieuse, une mise en œuvre défaillante."

 


Extrait du rapport de la Cour des comptes : "Les contacts entre les tuteurs et leurs majeurs protégés sont souvent insuffisants. Leur nombre et leur rythme vont de plusieurs fois par mois à seulement une fois par an. De nombreuses demandes d’ouverture de droits d’allocations chômage ou de pension d’invalidité sont faites avec retard, privant ainsi ces personnes de ressources. Par ailleurs, des négligences sont constatées dans les remboursement de dépenses de santé, avec des impayés ou des retard de paiement d’impôts, de loyers, ou de factures d’électricité."

 

Des mois pour faire réparer un dentier cassé

La négligence des tuteurs est un des sujets sur lesquels le Défenseur des droits est très sollicité. Parmi les cas les plus fréquents, des personnes âgées dont le dentier se casse. Leur tuteur ne leur envoie pas d’argent pour le faire réparer, et cela peut durer des mois. Ces personnes sont donc obligées de manger des purées et finissent par souffrir de carences alimentaires. La même chose se produit avec des appareils auditifs cassés et laissés en l’état pendant plusieurs semaines. Le Défenseur des droits parle d’une forme de maltraitance.

Dans le système de tutelles, l'escroquerie est possible lors d’une étape-clé de la mise sous protection judiciaire : l’inventaire. Dans les trois mois qui suivent sa désignation, le tuteur doit faire l’inventaire des biens de la personne dont il a la protection : ses comptes en banque, ses meubles, ses biens immobiliers, etc.

C’est tentant de ne pas déclarer un bien dans l’inventaire !

Un juge des tutelles à la retraite

 

Selon le juge des tutelles à la retraite précédemment cité, il est facile pour un tuteur indélicat de détourner des biens : "Il suffit de ne pas les déclarer dans l’inventaire, explique le magistrat. Un jour, j'ai appris au bout de quinze mois qu'une personne sous tutelle avait des tableaux de maîtres. Le tuteur m'a expliqué qu'il ignorait leur existence. Imaginons qu'il ait vu ces Renoir et ces Picasso, c'était très tentant de ne pas les mettre dans l'inventaire." Les personnes sous tutelle n'ayant souvent pas de famille ou ne pouvant pas s'exprimer clairement, personne ne peut attester de la disparition de ces biens.

Un réseau d’évasion de meubles

Cette escroquerie peut aller plus loin, avec des réseaux très organisés. La journaliste Valérie Labrousse a découvert "un réseau immense d'évasion de meubles de majeurs protégés en Normandie". "Les complicités sont multiples entre le commissaire-priseur, le brocanteur, l'antiquaire, qui vont estimer, payer, emporter, jeter, revendre… cela va de la commode Louis XVI aux photos de famille", lit-on ainsi.

Les escroqueries peuvent aller encore plus loin, avec la vente de biens immobiliers, à bas prix et pour des raisons pas toujours très claires. Claude Petit, le président de l’Afcat, est régulièrement alerté sur ce type de dossiers. "Des personnes sont placées dans des établissements et il est procédé à la vente de leur propriété, indique Claude Petit. Le motif souvent évoqué est qu'il faut payer les séjours en établissement hospitalier. Il y a quand même un doute : dans la mesure où une propriété est vendue bien en dessous de la valeur marchande."

On peut supposer que c'est un arrangement entre l'agent immobilier et la personne en charge du dossier de tutelle

Claude Petit, président de l'Afcat

 

L’agent immobilier peut ensuite revendre ce bien avec une plus-value conséquente. La Cour des comptes souligne d’ailleurs dans son rapport d'octobre 2016, précité, que la vente de maisons ou d’appartements est un des domaines où il peut y avoir le plus d’abus.

Extrait du rapport de la Cour des comptes :
"La justification des ventes des biens immobiliers des personnes protégées n’est pas toujours établie au regard de leurs besoins. Le choix des intermédiaires peut être opaque. Les prix de cession peuvent être à des niveaux faibles par rapport aux prix du marché. Il s’agit d’une des zones de risque les plus importantes pour laquelle l’attention et la coordination de l’ensemble des acteurs doivent être renforcées."

Un hôpital bénéficiaire d'une assurance-vie

Jérôme Brugère président de l'Aidab, association d’information et de défense des assurés et des bénéficiaires, s'occupe de nombreux cas de spoliation. L'un d'entre eux l’a particulièrement marqué : "Deux enfants se sont manifestés parce qu'ils n'avaient perçus aucun centime suite au décès de leur père." Après enquête, Jérôme Brugère constate que le père a fait un séjour à l'hôpital psychiatrique, lequel avait fait le choix, pour lui avantageux, de se mettre bénéficiaire des contrats. Plus grave, encore, selon le juge : l'assureur avait accepté le bénéfice du contrat. C’est-à-dire qu'en acceptant le contrat, il était devenu impossible de modifier la clause bénéficiaire pour une tierce personne. En l’occurrence, les deux enfants.

Les comptes-pivots : interdit mais répandu

Autre source de détournement de fonds : les "comptes-pivots". La pratique est interdite depuis la loi de 2007, mais elle persiste, selon plusieurs sources que nous avons interrogées. Un compte-pivot est un compte ouvert par une association sur lequel elle regroupe les comptes courants des personnes sous tutelle dont elle a la charge. Tous ces comptes cumulés finissent par faire de grosses sommes que les banques rémunèrent. Mais ces intérêts ne sont pas reversés aux personnes sous tutelle et restent dans la poche des associations : "Si vous avez 2 000 comptes courants sur un seul compte,explique la journaliste Valérie Labrousse, ce compte produit des intérêts très importants, et au lieu d'être redistribué au majeur, ils vont dans la poche du tuteur. Ça profite aussi à la banque. Tout le monde se fait de l'argent sauf le majeur protégé."

Le juge des tutelles à la retraite estime que le "système est interdit mais institutionnalisé" et affirme qu'il "existe encore aujourd’hui dans toutes les régions de France". Déjà en 1998, un rapport des ministères des Finances, de la Justice et des Affaires sociales épinglait ce procédé.

Pas de statistiques pour quantifier les dérives

Il n'existe pas de statistiques permettant de quantifier le nombre d’abus et de dérives, ni d’Observatoire de la protection juridique. Le fait que la Cour des Comptes et le défenseur des droits s’alarment de ces dérives montre qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal. Pour autant, il serait injuste d’affirmer que toute la profession est malhonnête ou négligente. 

Pourquoi ces dérives échappent aux contrôles ? Une des raisons principales est l’insuffisance des moyens de contrôles. Chaque année, les tuteurs doivent fournir les comptes de leurs protégés au tribunal d’instance pour justifier de leurs dépenses. Mais pour effectuer ce travail, le personnel manque cruellement. Anne Caron-Déglise, présidente de la chambre des tutelles de la cour d’appel de Versailles, constate que les juges des tutelles ne consacrent en moyenne qu'un peu plus du tiers de leur temps aux mesures de protection. "On évalue à 3 400 dossiers le nombre de situations suivies par un magistrat, déplore Anne Caron-Déglise. C'est une insuffisance criante de possibilité de suivi. Les juges disent qu'ils le font le mieux possible mais ils n'ont pas suffisamment de temps."

100 greffiers en chef pour 800 000 comptes de gestion

Les greffiers en chef, chargés de vérifier les comptes de gestion en amont, sont eux aussi débordés. On évalue leur nombre à une centaine pour 800 000 comptes de gestion à vérifier. "Il est absolument impossible de contrôler les milliers de comptes. A Montreuil-sur-mer, il y a 1 900 comptes à vérifier en une année : c'est impossible", soupire Céline Parisot, ancienne juges des tutelles et secrétaire générale de l’USM, l’Union syndicale de la magistrature.

Pour s’en sortir, les greffiers font des contrôles aléatoires mais cela peut ne représenter que 5% des dossiers dans certains tribunaux, selon Céline Parisot. La plupart du temps, les comptes sont donc vérifier à l'occasion d'un acte quelconque, par exemple lorsque le tuteur demande de changer un placement. "Si le dossier n'a pas de demandes internes, il y a peu de chance pour qu'il soit contrôlé, poursuit l'ancienne juge des tutelles. Par ailleurs, un juge nous a confié que dans un grand tribunal d’instance où il travaillait, les contrôles n’intéressaient strictement personne." Autre faille du dispositif, les juges hésitent à dessaisir un tuteur ayant des pratiques douteuses. Dans certaines régions, il y a une pénurie de tuteurs et on ne peut pas les remplacer matériellement.

Des recours difficiles, voire impossibles

De leur côté, les personnes sous tutelle peuvent difficilement contester leur tuteur, du fait de son pouvoir de gestion de leur argent. "Comment faites-vous pour demander à votre tuteur de vous permettre de payer un avocat qui devrait porter plainte contre lui, s'interroge la journaliste Valérie Labrousse. Idem si vous voulez bénéficier de l’aide juridictionnelle : c'est le tuteur qui détient les papiers nécessaires à la constitution du dossier pour désigner un avocat."

Pour résoudre ces dérives, certains pensent qu'il faut mieux encadrer la profession, qui n’a pas de charte de déontologie. L’avocate spécialiste des tutelles Florence Fresnel, estime qu’il faudrait créer un "Ordre" des mandataires judiciaires à la protection des majeurs, comme les médecins et les avocats. Au ministère des Solidarité, un groupe de travail planche depuis plusieurs mois sur l’éthique de la profession. Notamment sur des possibles conflits d’intérêts qui peuvent exister, comme l’explique la magistrate Anne Caron-Déglise : "Comment, par exemple, exercer cette profession à temps partiel, et être avocat, gestionnaire de patrimoine, ou assureur ?". Un an après le rapport de la Cour des comptes, les réflexions sont toujours en cours.


16/12/2017
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Repas de Noël

GreyPRIDE propose aux membres de GreyPRIDE de participer le mercredi 20 décembre à 12h à notre premier repas de Noël dans une salle privée au Restaurant Le Gai Moulin (10 rue saint-merri 75004 Paris).
Ce sera l'occasion de se rencontrer et de mieux se connaître.

Pour marquer Noël, nous vous demandons d'apporter un petit cadeau (inférieur à 5€) pour l'offrir a l'un ou l'une des convives (par tirage au sort).

Le montant du repas est de 28€ pour les membres (GreyPRIDE prend à sa charge le vin) et de 32€50 pour les non-membres.
Pour ceux ou celles qui auraient des difficultés financières envoyez-moi un message sur contact@greypride.fr, l'association complètera votre participation.

Pour vous inscrire, envoyez votre chèque à l'ordre du "Gai Moulin" à l'adresse suivante  :
Francis Carrier 
134 route de la reine
92100 Boulogne


Le nombre de participant-e-s est limité à 35 personnes, et les inscriptions ne seront définitives qu'à réception de votre chèque.

Pour ceux ou celles qui ne pourront pas être disponibles à cette date, une autre repas sera organisé un samedi soir fin janvier : "Le repas des reines"

A bientôt, merci

 


Le Gai Moulin Bistro 
vous souhaite la Bienvenue
le 20 décembre à 12h

 
Kir Royal Cassis 
***********************
Salade de Chèvre Chaud 
ou
Terrine de Canard au Poivre Vert
ou
Assiette de  Saumon Fumé 
Ou
Raviole aux 4 Fromages
*********************** 
Filet de Saumon Sauce Tomate Basilic
Ou
Filet Mignon de Porc au Curry 
ou
Fondant de Volaille Farci aux Cèpes 
ou
Pavé de Rumsteak Grillé Béarnaise 
***********************
Moelleux au Chocolat 
ou
Tarte Tatin  
ou
Sablé au Citron 
ou
Coupe de Sorbet framboise Citron
**********************
 
 
Ce menu comprend le vin rouge Merlot, vin blanc Chardonnay, vin rosé Côtes de Provence, 
 
Café 
 


24/11/2017
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