Grey PRIDE

Grey PRIDE

Le placement en maison de retraite : souvent, une violence cachée

En vieillissant, une grande majorité de personnes souhaitent rester à leur domicile. 
 
Mais il est de plus en plus difficile de gérer les différents acteurs qui viennent soit pour le ménage, la toilette, les courses, la livraison de repas, les soins infirmiers et médicaux, les déplacements en ambulance, les problèmes administratifs ...
Si la personne âgée, n'a pas auprès d'elle une personne proche qui peut l'aider pour gérer tous ces intervenants, en général une pression progressive pour le départ en maison de retraite se met en place. Et la mise sous tutelle n'est pas loin... 
Le cache-sexe du principe de précaution est l'alibi pour organiser ce départ : "elle ne peut plus rester chez elle, elle est en danger" ou "elle risque de mettre en danger les autres personnes de l'immeuble"...
Mais en réalité, c'est un acte de violence qui se met en place pour placer les personnes contre leur volonté. Je ne parle pas bien sûr des personnes en situation de grande dépendance qui ont des pertes cognitives importantes et qui ne peuvent plus rester seules.
 
Je visite régulièrement 4 personnes âgées, 3 sont à leur domicile, une en maison de retraite. Toutes souhaitent rester à leur domicile et celle qui est en maison de retraite ne comprend pas pourquoi on lui a fait quitter son appartement.
Pour Mme X, qui a 95 ans, j'entends peu à peu la musique de la mise sous tutelle et de l'envoi en maison de retraite qui se met en place. Elle a toute sa tête, elle ne voit pas très bien, n'entend pas très bien, a des problèmes de mobilité, mais souhaite farouchement rester chez elle ; pourtant, l'assistante sociale commence à faire passer le message : "ce serait peut-être nécessaire de penser à nommer un tuteur !".
 
Une carence majeure : l'absence de coordination
 
C'est vrai que j'assume pour elle les démarches administratives, l'envoi de chèques, les demandes de livraison d'argent au facteur, les rapports avec le bailleur social, EDF, les échanges avec l'entreprise d'aide à domicile, les petits probléms de réparation domestique, la coordination entre le médecin, les infirmiers, le pharmacien... 
Mais le rôle que je joue pourrait être organisé sous la forme d'une personne de confiance, désignée par la personne âgée, dont les prérogatives seraient élargies et pas seulement limitées aux relations avec le mileu médical.
Aujourd'hui le tuteur ou le curateur en charge de la protection du patrimoine des personnes, n'assure pas cette coordination  qui nécessite quelques heures par semaine.
 
Des problèmes récurrents pas bien pris en charge
 
Les personnes âgées, en dehors des pathologies lourdes, diabéte,cancer arthrose... souffrent trés souvent de 3 problèmes qui sont trés mal traités et qui limitent leur confort de vie : les dents, la vision, l'audition.
Prendre un rendez-vous, commander un véhicule, sortir et rentrer chez soi, aller dans une boutique spécialisée, tout cela ne peut pas se faire sans une aide extérieure. La dégradation de la dention ou des appareils dentaires provoquent pourtant des problèmes de mal-nutrition et d'infections. Les problèmes auditifs et visuels, et leurs évolutions, empêchent la communication avec l'entourage. Tout ceci, ne nécessite pas une hospitalisation mais la plupart du temps ces aspects médicaux mineurs ne sont pas pris en charge par manque d'une aide extérieure.
 
La coordination des soins médicaux
 
Pour les pathologies plus lourdes nécessitant des traitements et un suivi, l'équipe médicale intervenant au domicile échange rarement sur les problèmes du patient. Une association soignons-humain, se préoccupe pourtant de ce sujet. Il serait urgent de généraliser cette coordination pour pouvoir veiller à la qualité de vie du patient et prendre en compte les évolutions de la santé et des traitements.
 
Une aide à domicile chaotique
 
Dans la plupart des cas, les intervenants de l'aide à domicile ont des contrats directs avec la personne âgée. Comment demander à quelqu'un qui est non voyant et/ou mal-entendant de gérer ces contrats ??? Le nombre d'intervenants souvent important, les changements d'horaires, l'absence de contrôle qualité en terme de service rendus, le paiement, les formations spécifiques aux minorités sexuelles... Les problèmes sont nombreux et nécéssiteraint aussi une super-vision d'une personne extérieure.
 
En conclusion
 
Si on veut parler de qualité de vie et de respect des choix des personnes, il serait urgent de réfléchir à tous ces problémes. Sinon la violence ordinaire du placement en maison de retraite continuera.
La diminution des coûts et l'amélioration de la qualité de vie passe par une meilleure organisation de la vie à son domicile. Ca vaut certainement le coup de faire évoluer la loi, les dispositifs et les mentalités pour permettre aux personnes âgées de vivre et de mourir chez soi.
 
 
 
 

 



04/01/2017
19 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 322 autres membres