Grey PRIDE

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Des projets de maisons de retraite en Allemagne, Suisse et Belgique...

Des maisons de retraite gay-friendly ? Le concept fait sourire, et pourtant, le sujet est grave. En Suisse, une association envisage de créer des EMS, des logements pour personnes âgées, réservés aux lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, afin d’accompagner au mieux ces seniors aux demandes spécifiques.

La première génération de gays et de lesbiennes à avoir fait son coming-out flirte aujourd’hui avec les 80 ans. Une période de transition d’autant plus compliquée à gérer que ces seniors, souvent sans enfants ou en rupture familiale, n’ont aucun proche sur qui se reposer. Pour que perte d’autonomie ne rime pas avec solitude, l’association suisse QueerAltern propose de s’inspirer de l’Allemagne, où ce genre d’établissements existe depuis des années.

Aujourd’hui en Europe, les établissements Arc-en-ciel se font discrets. En France, sur plus de dix mille maisons de retraite, aucune n’est officiellement gay-friendly. D’autres pays européens comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne proposent des maisons de retraite spécifiquement destinées aux LGBT, mais le prix du séjour rebute souvent de potentiels locataires.

En Belgique, une maison de repos gay-friendly était en projet à Schoten, près d’Anvers. Mais le prix du séjour, atteignant les 33 000 euros annuels, soit le double des séjours habituels, a eu raison de son ambition. Faute de candidats, elle s’est depuis largement ouverte aux hétérosexuels. Même problème de prix en Espagne. Une résidence de propriétaire ouverte dans la commune de Torremolinos dans la province de Malaga proposait aux seniors d’acheter un appartement et de bénéficier d’un centre social, d’une assistance médicalisée et d’un espace commun de rencontres, le tout pour la modique somme de 312 000 euros.

Parce qu’on est pas tous millionnaires, l’association QueerAltern a donc décidé de lancer un projet d’EMS LGBT. L’idée est née en 2012 à la suite d’un sondage. L’enquête révélait un sentiment de stigmatisation ressenti par les personnes âgées, surtout en région rurale. Après une vie passée à s’assumer, subir l’incompréhension de ses colocataires et du personnel médical est source d’angoisse pour une majorité de sondés. Selon Barbara Lanthemann, secrétaire générale de l’organisation suisse des lesbiennes (LOS), un nombre grandissant de personnes âgées rentrent dans le placard par peur du jugement des autres. Vieillir sans avoir à mentir, une question de dignité. Mais au delà de la fierté, se pose également la question des soins. Selon le magazine 360,les aide-soignantes ne sont pas assez sensibilisées aux publics LGBT, ignorantes des contraintes liées aux VIH… Une situation qui isole d’autant plus ces personnes âgées.

 

Vous vous en doutez, les critiques et accusations de sectarisme n’ont pas mis longtemps à fleurir en Suisse. Pourquoi institutionnaliser le communautarisme ? Doit-on vraiment considérer les LGBT comme une population à part ? … Et si le seul souhait de ces personnes était justement de passer leurs dernières années bien entouré ?

En Allemagne, l’habitat communautaire Beginenhof, fondé en 2007 à Berlin, fait figure de modèle. L’immeuble, destiné aux femmes âgées lesbiennes, regroupe des appartements individuels, à investir seule ou en couple et propose un espace extérieur commun où chacune peut librement organiser des activités avec ses voisines. Un espace safe pour rompre la solitude. Un exemple à suivre… ?

 

 

 

 

 

//www.barbieturix.com/2014/10/27/des-maisons-de-retraite-pour-seniors-lgbt/



19/09/2015
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