Témoignage de Robert Chanut, 87 ans, professeur d’enseignement technique à la retraite : « Après le décès de ma femme, j’ai déprimé et atterri dans une maison de retraite classique, mais je ne m’y plaisais pasMa belle-fille m’a conseillé une maison d’accueil rurale pour personnes âgées (Marpa). J’y suis depuis huit ans le cadre est magnifique et les repas excellents. » La vie en Marpa lui a redonné le sourire. « C’est devenu ma seconde famille », affirme Robert qui dispose d’un T2 dans une structure de 18 résidents.

Conditions. En France, on dénombre 162 Marpa, comme celle de Marnay (Haute-Saône). Elles abritent 3 800 résidents. Le concept de logements privatifs (T1 et T2) de plain-pied en milieu rural, avec des services communs, a été lancé il y a vingt ans par la Mutualité sociale agricole.

Ces petites unités (24 résidents maximum contre 80 ou 100 en maison de retraite) ne sont pas réservées aux retraités agricoles. Elles accueillent les plus de 60 ans autonomes, qui y restent tant qu’ils ne souffrent pas de problèmes cognitifs graves. Ils disposent d’une kitchenette, mais la plupart optent pour des repas pris en commun.

Il faut compter six mois d’attente pour obtenir une place et la priorité revient aux gens issus du canton qui retrouvent ainsi des connaissances.

 

Coût moyen. 1 300 €/mois, incluant l’hébergement, les charges, les services et les repas (contre 2 200 €/mois en maison de retraite médicalisée).

Babayagas : une maison autogérée pour rester autonome

Témoignage de Thérèse Clerc, 85 ans, à l’origine du projet : « L’idée de la Maison des Babayagas est née en 1999Je venais de perdre ma mère après m’en être occupée pendant cinq ans tout en travaillant. Rester chez soi à tout prix quand on est seule, ce n’est pas une bonne chose, d’où l’envie d’habiter à plusieurs dans une même structure avec des appartements autonomes. »

Après avoir bataillé longtemps, Thérèse vient d’emménager avec une trentaine de personnes âgées de 60 ans et plus, à Montreuil, en région parisienne. La municipalité a offert 600 m2 en centre-ville à l’Office public de l’habitat montreuillois (OPHM) qui a fait construire 25 logements sociaux adaptés à la perte d’autonomie.

Au rez-de-chaussée, 117 m2, réservés aux activités, sont gérés par les habitantes. Elles y prévoient des conférences, de la gym, des films avec débat ou des repas communs.

Conditions. Seules les femmes peuvent intégrer la structure, à condition de vivre en région parisienne, d’avoir 60 ans minimum, de disposer d’un maximum de 22 000 € de revenu annuel, d’aimer la vie en communauté et d’être acceptée par l’association.

Le nom des Babayagas, tiré de la mythologie russe, évoque une vieille sorcière dispensant conseils et hospitalité. Elles ont essaimé à Saint-Priest (Rhône), Palaiseau (Essonne), Brest (Finistère), ainsi qu’à Bagneux (Hauts-de-Seine) et Saint-Étienne (Loire).

 

Coût moyen. Entre 250 et 450 € de loyer mensuel pour 33 à 43 m2.

Cocon3s : la colocation pour les budgets plus serrés

Témoignage d'Yves Dumas, qui habite Nanterre (Hauts-de-Seine) : « J’ai 65 ans et, après mon divorce, je n’ai pas souhaité vivre seulÀ la télé, j’ai entendu parler de Cocon3s, une association de cohabitation entre seniors. J’ai acheté une grande maison et tenté l’expérience. » Mais faute de demandes suffisantes, Yves a pris d’office les cinq personnes qui souhaitaient partager cette aventure, sans vraiment les choisir.

« Rapidement, les difficultés ont surgi : goûts différents en matière de décoration et d’habitudes alimentaires, absence d’échanges ou d’activités partagées. Je rêvais d’une seconde famille mais, malgré mes efforts, ça ne marche pas. Je vais revenir à une formule classique et faire coopter les nouveaux arrivants. »

Conditions. Créée en 2007, l’association Cocon3s met en relation des seniors qui souhaitent sortir de la solitude. « Après le départ des enfants ou le décès d’un conjoint, beaucoup de gens se sentent pris au piège d’une grande maison où ils n’ont pas prévu de vivre seul, analyse Christiane Baumelle, psychologue. J’ai créé l’association en 2007 en pensant cohabitation et cogestion pour des seniors rêvant de solidarité. »

En cinq ans, seuls sept cocons ont vu le jour. Une douzaine est en gestation. « Il y a très peu de colocations en France, contrairement à ce que l’on constate dans les pays anglo-saxons, confirme Ruth Negri, à l’origine du site Coocoonhome.com. Mais, je crois que ce système va se développer. »

Avantage de cette solution : à trois ou quatre, on peut trouver un grand logement, alors que l’offre est restreinte pour les petites surfaces.

 

Coût moyen. Entre 350 et 500 €/mois.

Familles d’accueil : une relation plus individualisée

Témoignage de Marie-Thérèse Passiketopoulos, qui héberge une mamie de 99 ans : « En famille d’accueilla relation est plus individualisée que dans un établissement classique. Nous mangeons ensemble, nous discutons, et nous faisons beaucoup de promenades. » En France, 15 000 personnes sont prises en charge par des familles agréées et, parmi elles, de plus en plus de personnes âgées. Le senior y retrouve l’ambiance d’une petite tribu, avec enfants, amis, voisins et animaux.

Conditions. L'accueilli dispose d’une chambre privative et de la jouissance des parties communes. L’accueillant n’assure ni les soins médicaux, ni la toilette, ces services pouvant être rendus par des professionnels du secteur.

Une période d’essai d’un mois renouvelable est prévue, avant la signature du contrat à durée indéterminée, qui peut être rompu à tout moment. L’accueil peut être permanent, temporaire (pendant les vacances) ou séquentiel (en semaine avec retour dans la famille le week-end).

 

Coût moyen. 1 450 €/mois, nourri, logé et blanchi.