Grey PRIDE

Grey PRIDE

Comment la solitude nuit à notre système immunitaire

GÉNÉTIQUE. La solitude, surtout chez les personnes âgées, est néfaste pour la santé et peut accroître le risque de mortalité prématurée de 14%, selon une étude publiée lundi 23 novembre 2015 qui révèle certains mécanismes cellulaires de ce phénomène. Car si les dangers psychologiques de l'isolement social sont connus depuis longtemps, ses effets physiologiques néfastes n'étaient jusqu'à présent pas bien élucidés, expliquent ces chercheurs dont les travaux paraissent dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

Lien entre expression des gènes et solitude

Cette équipe de recherche conduite par John Cacioppo, psychologue de l'Université de Chicago, avait déjà identifié un lien entre la solitude et un accroissement de gènes impliqués dans l'inflammation, ainsi qu'une diminution d'autres gènes jouant un rôle dans la réponse antivirale de l'organisme. En résumé, les personnes isolées ont un système immunitaire affaibli et souffrent davantage d'inflammations que celles qui sont entourées.

Pour ces travaux, les auteurs ont examiné l'expression de certains gènes des cellules du système immunitaire qui protègent l'organisme contre les bactéries et virus. Ils ont également déterminé que l'isolement permettait de prédire jusqu'à un an à l'avance l'activité de ces différents gènes. L'expression des gènes qui activent les globules blancs et la solitude paraissent ainsi avoir un lien direct.

Des effets génétiques spécifiques à l'isolement social

Ces chercheurs soulignent que les effets génétiques de la solitude sont spécifiques à l'isolement social et ne peuvent pas s'expliquer par la dépression notamment. Ils ont également constaté des processus cellulaires similaires chez les macaques rhésus, des singes hautement sociables, quand ces primates sont seuls. Ces derniers montraient aussi un accroissement du niveau des monocytes immatures quand ils sont placés dans des conditions stressantes, par exemple le fait de partager une cage avec d'autres macaques qu'ils ne connaissent pas. Les humains comme les macaques souffrant de solitude avaient des taux sanguins élevés de ces monocytes inefficaces pour combattre l'infection.

Enfin, les scientifiques ont  déterminé que ces changements moléculaires dans le système immunitaire pouvaient avoir de sérieuses conséquences pour la santé. Ainsi, chez les macaques de cette étude maintenus dans la solitude et qui ont été contaminés par le virus simien de l'immunodéficience, l'équivalent du VIH chez les singes, l'infection s'est propagée beaucoup plus rapidement dans le sang et le cerveau que chez des singes séropositifs qui ne vivaient pas dans l'isolement.

 

Article de Sciences et avenir



26/11/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 335 autres membres